Un Québec qui « va bien » garantit-il une société plus juste?

La publicité libérale vole la vedette au sein du paysage politique québécois actuel. Après avoir profité de l’été pour annoncer de nouvelles politiques à caractère social, dont fait partie la réforme de l’aide sociale, incluant la création du Programme Objectif Emploi, le gouvernement Couillard fait désormais la promotion d’un message à saveur électorale: tout va bien, au Québec! Certes, cela fait du bien à entendre. Or, cela ne sous-entend-il pas que les prochains mois devront servir à s’attaquer de manière efficace à des enjeux d’envergure, touchant le quotidien de populations marginalisées potentiellement affectées par la réforme de l’aide sociale?

Dans un article publié le 29 août, l’organisme montréalais Dans la rue craint que la réforme de l’aide sociale puisse nuire aux jeunes sans-abri, considérant le fait que l’obligation de suivre un programme de recherche d’emploi ou de retourner sur les bancs d’école ne comprend pas de suivi personnalisé adapté aux parcours rarement linéaire des jeunes à risque ou en situation d’itinérance.

À cet effet,  Le Boulot vers…vient d’appuyer le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) dans le cadre de la consultation en cours sur le projet de Règlement modifiant le Règlement sur l’aide aux personnes et aux familles, qui vise à préciser les modalités d’application du nouveau Programme Objectif Emploi. Dans une lettre envoyée au Ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale François Blais, Le Boulot vers… soutient la réorientation des mesures vers une approche incitative, volontaire, non obligatoire et non punitive, tel que demandé par le RAPSIM.

Fort de son expertise de 34 ans auprès de trois milles jeunes ayant participé à un stage d’insertion sociale et professionnelle, Le Boulot vers… est convaincu qu’il faut garantir une adhésion volontaire aux participants du Programme Objectif Emploi, qu’ils soient au cœur des décisions portant sur leur Plan d’intégration en emploi.

À l’approche de l’élection 2018, le gouvernement Couillard affirme que tout va bien, plusieurs acteurs de la société civile proclament le contraire. Qui dit vrai? Est-ce important de trancher? Chose certaine, mettre de l’avant les besoins des populations marginalisées au sein de nouvelles politiques sociales devrait assurer à tous une société plus juste.

À la semaine prochaine!

Jeanne Doré