Trois saisons dans la vie d’André

André Bérubé, stagiaire (1992), puis bénévole et contremaître

C’est comme une évidence pour André Bérubé quand il parle de Boulot vers : il a vécu une histoire d’amour avec l’organisme et ses intervenants, une histoire qui dure depuis 26 ans et qui n’a cessé d’évoluer d’une belle façon, comme en trois saisons.

Mais paradoxalement, cela a commencé dans l’affrontement : « En 1992, j’ai 19 ans, je suis délinquant, rebelle. J’ai le parfait profil du jeune frustré qui ne veut rien savoir ! », raconte André en parlant de lui-même. « Je suis en grande crise identitaire et Boulot vers fait partie des options imposées par ma mère ! ». On comprend qu’il n’y est pas allé de son plein gré !

D’ailleurs, son premier six mois « à l’intérieur » n’est pas si marquant, avoue-t-il, comme « un petit emploi parmi tant d’autres ! » Et pourtant, à croiser Patrice Rodriguez et Guy Pépin [co-fondateurs], ainsi que le père de ce dernier Bernard Pépin [grand bénévole du Boulot vers] et bien d’autres, « il s’est semé une graine qui a pris quelques années à germer, à produire un fruit. Mes difficultés ont perduré, mais ce qui s’est construit en moi, ça ne s’est pas défait. C’est plutôt le contraire : ça s’est activé. Ainsi, en 1996, je suis retourné à l’école, finir mon secondaire cinq ».

Une fois engagé dans sa vie d’adulte, il poursuivra dans des domaines connexes à ce qu’il a connu au Boulot vers. Il deviendra intervenant social en toxicomanie, puis ébéniste de formation. Aujourd’hui, il est technicien en entretien de bâtiment, marié depuis 15 ans, heureux papa de quatre enfants.

Mais poursuivons le récit des saisons d’André à Boulot vers. « Lors d’un concert bénéfice en 2007, auquel j’ai été invité en tant qu’ancien, j’ai rencontré la nouvelle équipe dont Jeanne, qui occupait la direction du Boulot vers. De fil en aiguille, je me suis impliqué, et j’ai décidé de participer comme bénévole dans l’organisation d’un concert bénéfice. »

Ces retrouvailles auront des suites l’année suivante : « On m’a demandé de témoigner de l’impact de Boulot vers dans ma vie, lors d’un concert bénéfice. Puis, en 2013, je suis maître de cérémonie [MC] à la soirée bénéfice, au concert de Johanne Blouin. »

Des moments forts, où il expérimente d’autres habilités en lui : « Lorsqu’on parle de l’impact de Boulot vers chez les stagiaires, en général, on regarde le volet intervention sociale, puis le volet employabilité. Mais il y a tellement plus ! Lorsque je me suis exprimé devant la foule, au concert, c’est une autre expérience ! » Il a ainsi exploré le monde des communications.

Enfin, la troisième saison, c’est lors d’un stage de trois semaines en ébénisterie, formation entreprise à l’extérieur de Boulot vers. Il aura alors l’occasion de jouer le rôle de contremaître des jeunes stagiaires pendant plusieurs mois.

Dans ce qu’il éprouve aujourd’hui face à l’entreprise d’insertion, André répond : « Ça a été un privilège pour moi de pouvoir porter tous les chapeaux, au Boulot vers. Ce n’est pas de la reconnaissance, c’est de l’amour. Boulot vers nous ouvre ses portes, et c’est à chacun de nous de nous investir, de nous expérimenter ».