“Manger pour apprendre – Apprendre pour manger”

Cette expression a peut-être des airs simplistes, pourtant elle résulte de l’expérience d’une société qui fonctionne bien. Tout individu quel qu’il soit, s’il n’est pas nourri, se trouve dans l’incapacité de travailler (d’étudier). Un cercle vicieux se déclenche infailliblement, puisqu’à partir du moment où il n’est pas en mesure de travailler, il n’est pas non plus en position pour subvenir à ses besoins primaires. Comment parvenir à arrêter cette spirale infinie, est-ce que le Québec peut y mettre fin?

Des programmes d’alimentation scolaires implantés partout sauf au Canada!

Dans un article paru dans Le Devoir du 17 septembre dernier, on apprend qu’il y a aujourd’hui 368 millions d’enfants dans le monde qui reçoivent au moins un repas par jour lorsqu’ils sont à l’école publique. Le Brésil, étant l’initiateur des programmes de repas scolaires depuis 1954, la sécurité alimentaire des enfants est devenue petit à petit depuis plus de 60 ans un enjeu primordial pour les pays du G7; le Canada est le seul pays de ce groupe qui n’offre pas de programme d’alimentation scolaire. Même s’il existe des organismes d’économie sociale au Canada (tel « Le Club des petits-déjeuners ») permettant à des milliers de jeunes dans le besoin de se nourrir, la différence est colossale, entre la proportion de jeunes bénéficiant de ces repas (environ 203 852) à celle des jeunes les nécessitant (environ 1 million). Depuis 1990, lorsque l’ancien Premier Ministre Jean Chrétien exprimait son rêve d’éradiquer la pauvreté, le Canada aurait eu une superbe opportunité de couvrir les besoins de l’ensemble des jeunes Canadiens pauvres! En 2017, au Brésil toujours, 45 millions d’élèves fréquentant une école publique mangent gratuitement sur l’heure du midi.

Un gouvernement passif face aux problèmes d’alimentation!

Le Gouvernement du Québec quant à lui a des croûtes à manger pour être cohérent, ne serait-ce que dans ses objectifs : un Ministre de l’Éducation qui souhaite augmenter l’allocation alimentaire à toutes les écoles québécoises alors que seules celles répertoriées comme « les plus défavorisées » bénéficient pour le moment de cette allocation; au même moment, un Ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale qui prévoit d’imposer la participation au nouveau programme Objectif emploi à toutes personnes percevant l’aide sociale pour la première fois, sous risque de les contraindre à des pénalités financières affligeantes et révoltantes pour des individus vivant déjà dans une extrême pauvreté.
Enfin, la cerise sur le sundae, un Ministre des Finances de ce même gouvernement qui cherche éperdument des surplus budgétaires toujours plus importants, en « épargnant », trop souvent, sur le dos des plus démunis!

L’alimentation, le carburant essentiel de tout être humain pour voir plus loin!

Ces enfants mal nourris augmentent en nombre; lorsqu’ils deviendront adultes, ils se retrouveront dans la même situation que leurs parents. Pendant ce temps, après avoir eu droit à leur petit-déjeuner gratuit, tous les élèves de la ville de New York mangent gratuitement le midi. Il est indispensable, au Québec, de trouver une solution pour briser le cycle inhumain de la pauvreté.