L’expérience à Boulot vers…, un levier!

France Bellemare et sa famille

France Bellemare, stagiaire en 1996

Trouver un travail

À 24 ans, France Bellemare n’a pas encore obtenu son secondaire 5, mais elle cherche d’une façon téméraire à avancer dans la vie pour mieux se positionner sur le marché de l’emploi, éventuellement, trouver une bonne job !

« Et je constate, dit-elle, que les employeurs qui embauchent privilégient les candidats avec un secondaire 5… Moi qui avais des rêves audacieux, m’occuper des autres et répondre aux besoins des personnes vieillissantes dans les hôpitaux, ma réalité de faible scolarisée m’a vite rattrapée ! »

S’occuper de soi

« En 1996, les employés du Boulot vers… m’ont beaucoup aidée. J’ai appris à préparer mon CV. J’ai eu des formations. J’ai travaillé mon autonomie. J’ai pris soin de ma personne : j’ai profité à l’époque des cliniques dentaires à Sainte-Justine, où des jeunes stagiaires du Collège Rosemont offraient des services à coûts modiques. Quand tu vis en appartement, sans emploi sérieux, et que tu as peu d’argent, ces services sont appréciés, surtout que les dents, c’est important pour moi ! Et je n’avais pas les sous pour aller chez le dentiste ! »

Comme quoi la vie matérielle d’une décrocheuse est pleine d’épreuves difficiles, imprévues ! Elle obtiendra son secondaire 5 en 1997, un an après son départ de l’atelier !

Son séjour au Boulot vers… ne lui a pas permis de trouver tout de suite un emploi. Ce sont plutôt la patience et l’organisation que France a mises au point, à saisir les opportunités, à reprendre de l’énergie, à être proactive, à développer un réseau de contacts et à y faire circuler son CV. « Au Boulot vers…, ils m’ont donné beaucoup de responsabilités, j’étais magasinière. » Elle s’est servie de son expérience comme levier.

S’investir pleinement

Aujourd’hui à 45 ans, elle aligne en pensée les divers métiers qu’elle a faits : caissière, agente à la clientèle, journalière, préposée aux bénéficiaires. Et là, ça va faire 12 ans qu’elle bosse en restauration chez Saint-Hubert : « Je me sens bien là, chez moi. J’ai un poste de caissière, je travaille 40 heures par semaine. De plus, je fais partie du syndicat : comme on change de franchisés, les règles sont à revoir, on est à retravailler notre convention collective. J’ai du pain sur la planche pour les prochains mois ! »

Elle dit : « Je suis contente de savoir que Boulot vers… a 35 ans. C’est une belle entreprise, bien gérée. Mon passage là-bas m’a permis de prendre confiance en moi, de développer l’autonomie. J’ai appris qu’il y a toujours des solutions à nos problèmes. C’est une belle équipe au Boulot vers…, des gens en qui on peut avoir confiance. »

Presqu’une entrepreneure, on sent l’engagement qu’elle investit dans le travail. France est une personne organisée, structurée, qui avance. « J’ai une fille. Son père et moi, après toutes sortes de détours, nous nous sommes mariés à l’été 2016. Je recherche l’équilibre et la stabilité. Ma vie évolue. »

Une si belle alternative

Éric Latour Portrait

Éric Latour, stagiaire au Boulot vers… en 1999, à 22 ans

En décrochage scolaire, l’école, ne lui convient pas!

« Jeune, j’ai abandonné l’école… Pour moi, ça ne marchait plus vraiment ! De nature autodidacte, je manquais d’intérêt, c’était trop protocolaire… Sauf l’éducation physique, l’école ne me convenait pas ». Éric Latour poursuit : il est alors allé du côté des cours en école privée, dans un programme en sonorisation, un domaine attirant mais qu’il connaissait peu, très technique. Il a surtout fini avec une grosse dette !
À ses propres dires, Éric était rempli de bonnes intentions, mais cela ne suffisait pas. Il était comme un « ion libre », sans circuit, sans réseau et surtout sans ressources intérieures suffisantes !

Apprendre un métier et à respecter les autres, devenir adulte !

Pour Éric, Le Boulot vers… a constitué « le début de ma vie autonome en tant que jeune adulte, alors que je me retrouvais tout seul, en appartement. J’ai appris la base d’un métier et celle du travail tout court : arriver tôt le matin à l’atelier, être ponctuel,
développer l’entraide et le soutien de ses pairs… ».
Avec les autres jeunes, « on se retrouvait comme dans un contexte où on créait de l’amitié ». Surtout, il a apprécié le support des travailleurs du Boulot vers…, des conseillères : « … elles nous apprenaient à nous épanouir, à nous développer, à aller cogner aux bonnes portes… Il n’y a pas vraiment de conditions similaires dans le marché régulier de l’emploi…».
« Je me souviens : j’étais allergique à la poussière, dans l’atelier. On a trouvé une solution : on m’a affecté au poste d’assistant commis de bureau. J’y ai développé de nouvelles aptitudes. J’ai même remplacé l’adjointe administrative, un temps, auprès de
la directrice générale. »

Aujourd’hui, Éric travaille dans la vente. Il ne regrette pas d’avoir essayé!

Éric résume cette période d’apprentissage : « J’ai pris confiance en moi. J’ai été exposé à des défis et je les ai relevés. J’ai vécu de belles expériences* ». « Si j’ai un conseil à donner aux jeunes, c’est : essayez ! Dans un contexte comme Le
Boulot vers…, on n’a rien à perdre ! »
Devenu un professionnel de la vente, Éric conçoit avec beaucoup d’enthousiasme qu’une entreprise comme Le Boulot vers…, avec sa mission unique, puisse prendre encore et encore de l’expansion…
Il souhaiterait vivement « … trouver des manières nouvelles de faire connaître des services comme ça. Il s’agit d’une si belle alternative à l’école, quand tu es un décrocheur ».

* Dans le cadre d’un projet spécial monté par Le Boulot vers… et animé par Sonia Fortier, alors directrice production ventes,