S’initier à d’autres façons de vivre

Ly Lam, stagiaire au Boulot vers… en 2005

Née à Montréal de parents qui venaient du Vietnam, Ly Lam fait son secondaire dans une école privée d’Outremont. Jeune adulte, elle se lance dans sa quête d’autonomie : « J’ai décidé de ce que je voulais faire ». Elle s’installe dans Hochelaga-Maisonneuve.

En 2005, Ly Lam n’a pas complété son DÉC en sciences humaines et part donc à la recherche d’un emploi, avec un peu d’expérience en centre d’appels. Mais elle ne trouve pas. Lors d’une visite au Centre Local d’Emploi, elle apprend qu’il y a une possibilité de faire un stage dans une entreprise.

Au Boulot vers, elle sera commis de bureau : « Le stage s’est bien déroulé et m’a fourni un revenu régulier. Ça m’a apporté la stabilité, moins de stress économique, une routine quotidienne de 9 à 5, plus saine. J’étais à l’accueil, au téléphone, à l’ordinateur, j’aidais à la comptabilité, les comptes, les factures. J’ai touché aux activités de financement : lors du concert bénéfice de Pierre Lapointe, cette année-là, je comptabilisais les dons ».

Ly Lam se rappelle de la diversité des jeunes en stage : « Y’avait toutes sortes de gens, des jeunes du quartier Hochelaga-Maisonneuve, des africains, des haïtiens. Certains avaient des problèmes de consommation, il y avait des nouveaux arrivants, et des jeunes sur l’aide sociale qui voulaient s’en sortir. » On comprend que Ly Lam s’est initiée, durant son stage, à d’autres façons que celles vécues dans sa famille…

« J’ai toujours gardé une pensée pour Le Boulot vers. Là, on m’a aidée à me remettre sur pied. Dans la vie, quand ça va moins bien, on a besoin d’un coup de pouce. Partie de chez moi jeune adulte, ça m’a permis de me stabiliser — un revenu fixe, c’est encourageant ! Ça m’a surtout amenée à envisager un retour aux études : la conseillère en orientation m’a beaucoup aidée, elle m’a fait voir plusieurs options. »

Avec en poche son accréditation de travail de bureau, elle se retrouve commis de bureau aux archives de police de Montréal, à Ville Saint-Laurent. Puis, à la suite d’une annonce aperçue dans le métro, elle s’inscrira à une formation en sténographie judiciaire, décrochant une accréditation en études collégiales (AEC), lors d’une formation intensive privée de deux ans.

« Présentement, je suis sténographe parlementaire au Sénat canadien, à Ottawa. Au moment où je vous parle, je sors tout juste d’un comité sénatorial sur les finances publiques. » C’est un poste prestigieux, de responsabilité ? « Je côtoie des sénateurs, des députés, des ministres… Au Sénat, il y a un protocole, le huissier au bâton noir, les personnes en costumes, oui… c’est impressionnant ! »

Ly Lam a maintenant 33 ans et poursuit sa carrière depuis un an et demi. Mariée, mère de deux enfants, elle sait apprécier la qualité de son stage vécu au Boulot vers, où elle a vu agir l’entrepreunariat social de l’équipe et spécialement le leadership de la directrice de Boulot vers, « une force exceptionnelle, une énergie et un talent au service de l’entreprise. C’est inspirant ».

Pour sa part, Ly Lam connaît bien sa place : « Je ne suis pas une personnalité publique. Une sténographe agit dans les coulisses, c’est ce qui me convient, je n’ai pas besoin d’être à l’avant-plan. »