Se stabiliser et prendre son élan

Isabelle Gallichan — stagiaire en 1999

À 21 ans, Isabelle s’installe à Montréal, dans Hochelaga-Maisonneuve. Elle est inscrite à l’université : « J’apprivoise ma vie adulte, mal en point dans ma santé, en questionnements… Pour plusieurs raisons, l’école, ça n’ira pas. Je dois donc me trouver un travail. Je me cherche, en manque de confiance.

« Je vais au Carrefour Jeunesse-Emploi, où je tombe sur la circulaire du Boulot vers, je lis « formule originale », « accompagnement »… Je décide d’aller voir ! Me sachant peu manuelle, je me demande en arrivant : « Mais qu’est-ce que je vais faire là-dedans ? ». Et tout de suite l’accueil et la bienveillance me rattrapent : c’était tellement ce dont j’avais besoin ! ».

Sur le plan croissance personnelle, son stage lui a fait faire de grands pas : « J’ai d’abord été trois mois dans l’atelier avant qu’on me propose de travailler dans les bureaux en avant. Mais je me souviens : c’est surtout dans l’atelier où les progrès se sont manifestés chez moi. L’état d’esprit dans lequel je suis arrivée au Boulot vers a évolué de façon créative par le travail manuel. Être dans son corps. Faire quelque chose de ses mains, partir d’une planche, suivre les étapes, arriver à un résultat fini, c’était pour moi révélateur, « thérapeutique »… »

C’est ce qu’on appelle sortir de sa zone de confort ? « Tellement ! Mais j’ajouterais que l’ambiance de l’entreprise d’insertion est extraordinaire : l’entraide s’installe entre les participants, ça devient un milieu de vie, le groupe génère des liens entre les personnes, supporte ses membres. »

Convaincue du succès des stages pour des personnes dans sa situation, Isabelle est devenue une intervenante totalement gagnée à la cause ! Elle travaille à L’Atelier Éclipse, autre entreprise d’insertion sociale et professionnelle, après être passée, entre autres, au magazine L’Itinéraire et au projet à vocation sociale La Réplique :

« Déjà, à Boulot vers, j’étais à l’écoute des autres, je me liais naturellement, j’étais portée à comprendre ce que vivaient mes pairs. C’est là aussi que j’ai été initiée au « communautaire », un univers de ressources dont j’ignorais l’existence. J’ai appris à connaître le réseau, à créer des liens. »

« Boulot vers m’a permis de me stabiliser et de prendre un élan. J’ai pu démystifier certains aspects de l’autonomie, de la responsabilisation face à sa propre vie. Ça m’a donné plein de ressources pour la suite.

« J’y ai fait des boucles quant à certains questionnements et besoins. Pour moi, Boulot vers a été et demeure toujours une place débordante de ressources, d’écoute et d’opportunité. »