Se remettre sur les rails, donner l’exemple

Isabelle Leblanc, stagiaire au Boulot vers en 2000

À 25 ans, Isabelle Leblanc aspire à intégrer le marché du travail de façon continue mais n’a pas une longue scolarité. Elle frappe à la porte du Boulot vers, boîte recommandée par son conjoint d’alors, père de ses enfants et lui-même ancien stagiaire. Elle est acceptée et s’inscrit.

« Comme on pouvait avoir de l’aide si on avait cessé l’école depuis longtemps et qu’on n’avait pas travaillé, c’était une bonne place pour me remettre sur les rails. En plus, assez manuelle, l’ébénisterie me convenait.

« Je ne suis pas sortie avec mes cartes d’ébéniste, mais avec un diplôme, quand même, ce qui m’a permis d’aller dans le recyclage, au début, puis dans le domaine de la santé, comme préposée à l’urgence à la Cité de la Santé — là, j’en ai vu de toutes les couleurs ! —, puis en soins à domicile, au CSSS de Lanaudière. »

Cela peut paraître disparate, mais c’est assez typique de la vie moderne, non ? C’est en tout cas ce qu’on en retire qui importe ! Pour Isabelle, ce parcours du changement a pris forme d’abord au Boulot vers : « Dans le fond, on peut toujours reprendre sa vie en mains. Il y a toujours moyen de s’en sortir, peu importe l’âge que l’on a. »

« Lors de mon stage, j’étais la plus vieille, à 25 ans. Je trouvais important d’avoir un travail plus stable, surtout en ayant trois enfants. Je voulais leur donner un exemple de ce que travailler permet [en ce qui a trait à l’autonomie matérielle]. Par la suite, j’ai fait du bénévolat. J’ai occupé des emplois divers. J’ai pu faire mon test d’équivalence de niveau secondaire [TENS] et poursuivre le diplôme d’études professionnelles [DEP], assistance à la personne à domicile, en tant qu’auxiliaire familiale. J’ai été diplômée en 2016, cela fait maintenant deux ans. »

Se définissant travailleuse manuelle d’abord, elle souligne que le Boulot vers a constitué pour elle une belle opportunité de s’intégrer au marché de l’emploi : « Ça m’a donné plus de confiance en moi. Il suffit de franchir les portes qui s’ouvrent devant nous et de prendre ce qui est bon pour soi ! »

« Maintenant, ce que je recherche, poursuit-elle, c’est de vraiment aider les gens du mieux que je peux. Les personnes que j’assiste présentement ont besoin de moi. Je suis leurs yeux, je suis leurs bras, je suis leurs jambes. »

Déjà portée vers les autres, comme mère de famille, Isabelle exprime maintenant par le travail la bienveillance en elle. Elle manifeste de la gratitude et presse Le Boulot vers à poursuivre : « Vous présentez de beaux exemples pour les jeunes d’aujourd’hui ! Vous les invitez, par toutes sortes de moyens, à sortir de la rue, à recommencer, à étudier, à travailler ! Continuez votre beau travail, c’est inspirant ! »