« Sans trop savoir que je me cherchais, je me suis trouvé »

Pierre Théberge, stagiaire au Boulot vers en 1988

Pierre Théberge est un travailleur bien établi, avec une longue feuille de route en ébénisterie. « J’ai fait six ou sept entreprises, sur 32 ans. Je n’ai jamais arrêté de travailler (…) La vie est bien faite. Rien n’arrive par hasard. À Boulot vers, ma vie a pris un tournant imprévu et important. »

Stagiaire en 1988, à l’âge de 19 ans, alors que Le Boulot vers existe depuis 5 ans, Pierre entreprend sans trop le savoir un parcours d’insertion de 6 mois. Il a vu une annonce dans le Journal de Montréal, « stage en ébénisterie, sans expérience » : « Je n’avais pas terminé mon secondaire trois, je ne connaissais rien en ébénisterie, et je cherchais un emploi. J’ai appelé. Je suis arrivé sur la rue Moreau, dans une vieille bâtisse au plancher de bois, et j’ai rencontré Michel Gendron, lors d’une entrevue… Il y avait Patrice, Richard le contremaître… Je correspondais au type de candidat qu’ils recherchaient. J’ai été « engagé ». »

« Je n’avais aucune idée de ce qu’était une entreprise d’insertion. Je voulais apprendre un métier. Ça a été l’ébénisterie, que j’ai pratiquée toute ma carrière. Je fais plus de gestion maintenant, dans une entreprise à Le Gardeur. »

On peut dire qu’au Boulot vers, Pierre trouve enfin ce qu’il cherche, mais par une route imprévue… « Jusque là, comme beaucoup de décrocheur, je me promenais d’une job à l’autre. À Boulot vers, comme on invite les participants à la prise en charge personnelle, j’ai appris à découvrir des aspects de moi-même que j’ignorais. Avant, comme plusieurs, j’étais délinquant, rebelle, pas du tout responsable ; là, j’ai appris à me découvrir moi-même, à nommer mes forces et mes faiblesses. Les formations personnelles ont fait que j’ai raccroché, que je me suis aligné. »

« Michel, un intervenant, a été une personne importante, un confident. Il était de bon conseil. Je me souviens encore de phrases qu’il m’a dites… Il a vu des choses en moi que je ne voyais pas encore. Il a nourri ma confiance ». Comme un cadeau, que Pierre a eu la sagesse d’accepter.

« Quelques années après mon stage, je suis retourné travailler à Boulot vers, comme chef d’équipe, puis directeur d’usine, pendant trois ans. En étant de « l’autre côté », j’ai appris beaucoup dans ce que c’est que d’aider les autres dans leur propre démarche. Ça a été valorisant.

« J’adore mon métier. C’est ma passion. Le côté créatif de l’ébénisterie me stimule. J’y trouve une stabilité. » Pour Pierre, le temps est à la gratitude et à la célébration ! « Je garde un bon souvenir de cette époque. Je tiens à adresser un gros merci à Boulot vers pour tout ce que mes démarches dans l’entreprise m’ont apporté ! »