Rentrée scolaire au Québec : améliorer les chances de réussite des jeunes en difficulté

À l’aube de la rentrée scolaire, je me retrouve aux premières loges d’une réalité qui prend de l’ampleur et à laquelle n’échappe pas Hochelaga-Maisonneuve: les jeunes sont plus nombreux à décrocher plus tôt, souvent vers l’âge de 10-11 ans; plus tard, sans avoir complété leur primaire, certains se pointent au Boulot vers.

Attristée, et non étonnée par les chiffres publiés dans cet article du 15 août dernier par La Presse: à New York, si la tendance se maintient, un écolier du primaire sur sept se retrouvera bientôt sans domicile fixe. Ce taux tend à augmenter, en raison des problèmes grandissants liés au logement et à la gentrification de quartiers populaires. Ce phénomène peut-il se produire au Québec?

Au Boulot vers, l’un des quatre critères d’admission est l’autonomie dans le logement. Au-delà de la sécurité d’un jeune, avoir un lieu où dormir témoigne à nos yeux de son niveau de stabilité et de sa capacité à pouvoir respecter un horaire de travail régulier : la stabilité dans le logement a un impact direct sur les chances de réussite, que ce soit au sein du parcours académique ou professionnel du jeune.

Dans un article publié dans le Huffington Post le 16 août dernier, des statistiques illustrent qu’à elle seule, l’instabilité liée à un parcours en famille d’accueil suffit à diminuer les chances pour un jeune de s’en sortir. À Winnipeg, 49% des sans-abris ont déclaré avoir reçu des services du réseau d’aide à l’enfance; en Ontario, ce chiffre s’élève à 43%. Au Manitoba, seulement 33% des jeunes pris en charge par le gouvernement obtiennent un diplôme, en comparaison à 89% pour les jeunes qui n’ont jamais été placés. Au Québec, le gouvernement renonce à offrir des services aux jeunes en foyer dès qu’ils atteignent 18 ans. Pourquoi? Au Boulot vers, on constate que les besoins d’un jeune en difficulté ne diminuent pas une fois qu’il atteint l’âge adulte, bien au contraire.

À la barre de l’organisme depuis 22 ans,  je suis à même d’observer que si notre approche fonctionne, elle demeure un remède aux problèmes qui prédisposent un jeune à avoir besoin des services d’une entreprise d’insertion. Pour aborder la cause de ces problèmes, l’ensemble des acteurs de la société québécoise doivent accepter leurs responsabilités dans la réussite d’un jeune en difficulté et mieux le prendre en charge dans les années critiques de son développement, particulièrement pendant sa scolarité.

À la semaine prochaine!

Jeanne Doré

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