Quand « voler des emplois » est une fiction…

Souvent, nous entendons des peurs entourant les immigrants (réguliers ou irréguliers) venus « voler des jobs ». Plus que jamais, il est clair qu’une telle peur n’a pas de fondement.

Un sondage effectué par le Conseil du Patronat du Québec (CPQ) en octobre 2016 auprès de 300 employeurs d’entreprises privées a révélé que 7 entreprises sur 10 éprouvent des difficultés à recruter de la main-d’œuvre pour leurs postes les moins qualifiés. Sur ces 300 entreprises, 68% ont identifié la rareté de la main d’œuvre comme étant leur principal défi. Pour 43 % des employeurs, les services d’aide à l’emploi sont le type d’aide gouvernementale qui contribuerait le plus à l’atteinte de leurs objectifs de recrutement.

Bonne nouvelle! Dans son budget 2017-2018, le gouvernement Couillard  a investi 290M$ pour répondre aux besoins de main-d’œuvre[1]. Ces sommes doivent notamment permettre de promouvoir les métiers en demande, d’appuyer les entreprises dans la gestion de leur main-d’œuvre, de soutenir l’intégration des immigrants en emploi.

Cette aide gouvernementale permettra-t-elle de s’attaquer, à la source, au manque de main-d’œuvre? Pour le CPQ, seulement 9%  des 173 entreprises sondées recrutant des employés issus de groupes minoritaires, tels les migrants et les nouveaux arrivants, possèdent des mesures ou des programmes spécifiques pour favoriser l’embauche de cette main-d’œuvre. Il n’est donc pas dit qu’un immigrant qui souhaite travailler puisse travailler au Québec.

À supposer que l’objectif soit d’occuper tous les emplois disponibles, sommes-nous en train de créer les conditions favorables pour permettre à ceux visés par ces programmes de travailler au Québec? Le nombre de postes à combler, et à plus forte raison la main-d’œuvre pour les combler, ne sont pas à l’abri de certaines barrières systémiques et de certains préjugés. C’est stimulant d’accueillir en stage au Boulot vers ces jeunes issus de l’immigration prêts à s’intégrer. D’autant que, plus que jamais, nous savons que leur contribution à la société québécoise est essentielle minimalement à son développement économique.

À la semaine prochaine!

Jeanne Doré

[1] Budget 2017-2018: http://bit.ly/2xiSExg, à la p. B168.