L’engagement va de soi…

Nicole Bureau Tobin

Les portraits du 35e du Boulot Vers,
Nicole Bureau-Tobin, présidente du conseil de la Fondation Boulot Vers

Suivre l’histoire de Boulot Vers au cours des 35 années de ses activités, c’est croiser dès les débuts Nicole Bureau-Tobin, une bénévole qui a beaucoup investi d’elle-même dans la mission sociale de l’entreprise, de par sa nature portée par la compassion.

Elle a été administratrice, la seule femme à siéger sur le premier conseil des gouverneurs de Boulot Vers ; elle a connu le trio des fondateurs. Depuis 2010, elle est présidente de la Fondation Boulot Vers créée en 2006.

Confiante dans la vie, au service d’une cause, cette native de Trois-Rivières a suivi l’exemple de son père, grand bénévole, philanthrope : « J’ai appris avec lui que j’avais un rôle à jouer dans ma communauté, dans mon milieu ».

Inscrite en pédagogie familiale à l’Université de Montréal, elle poursuit en relations publiques, où s’exprime d’emblée son trait d’organisatrice naturelle. En plus d’être aux études universitaires le soir, elle est mère de trois enfants et bénévole sollicitée pour des causes nombreuses, dont les déjeuners à l’école et le cancer. En 1967, elle est recrutée à l’Institut de cardiologie ; dans les années 1980, grande collecteuse de fonds bien établie, elle crée la Fondation hospitalière de l’Institut de cardiologie de Montréal.

Au Boulot Vers, sa présence renforce la culture femme dans l’entreprise : selon elle, une femme est parfaitement habilitée à gérer une entreprise d’économie sociale, de par son élan naturel à allier le cœur et la raison…

Quand on lui demande quel est le sens de son engagement, elle répond : « Je viens d’une famille qui n’a manqué de rien. J’ai été très privilégiée ». La vie l’a ainsi conduite au Boulot Vers, « une sorte de PME du cœur, où l’on change la société un individu à la fois, comme disait Mère Térésa. On y pratique la gestion humaine 101 de la personne. Ici, on intervient au moment où l’individu s’engage sur le marché de l’emploi. »

Mais encore, pourquoi Boulot Vers ? « C’est une œuvre essentielle, dit-elle à la manière ardente qu’on lui connaît. On y accueille des gens que la vie n’a pas favorisés. Certains deviendront des ébénistes, pas tous. D’autres retournent aux études, ou se trouvent un emploi. Tous brisent la solitude humaine si épouvantable où ils ont pu évoluer… »

Profondément émue quand elle en parle, l’isolement social la mobilise entièrement. Elle réplique par la solidarité. Et la philanthropie : « Je considère qu’on a un certain devoir à donner. Selon un choix tout à fait personnel. »

Aux jeunes, Nicole Bureau-Tobin parle de patience, de courage, de défi : « Réalise que tu es capable de bien. Pour toi, Boulot vers est une école de citoyenneté, de croissance personnelle, de vie. » À celui ou celle qui hésite à venir frapper à la porte du Boulot vers, elle dit : « Essaie, fais-toi confiance. Dans la vie, il y a des moments à saisir, on ne sait pas nécessairement pourquoi ils se présentent, mais ils sont là. Tu ne perds rien à essayer. Donne-toi une chance. Fais le pari que ça va marcher ! »

Dans la conversation, la colère l’envahit quand elle pense qu’à Montréal, encore en 2018, des jeunes sont dans la rue, démunis, seuls. Elle aspire au partage et se soucie de développer une place de choix pour Le Boulot vers… dans le réseau des donateurs et de la philanthropie : « Les petites organisations font preuve d’initiative, de créativité, et sont pleinement actives dans le changement sociétal ».

Cela la relie à l’organisme à but non lucratif plus encore : « J’ai bien l’impression que je vais être là jusqu’à la fin de mes jours ! » Et cela parle d’elle : la fidélité et la compassion, certes, mais surtout un engagement à changer les choses pour de vrai ! Et ça, ça n’a pas de limites dans le temps !