Le Projet de loi 70 adopté

Jeanne Doré, directrice du Boulot vers...

Le 17 novembre dernier, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale répliquait, dans Le Devoir, à une lettre de lecteurs appelant à dénoncer le Projet de loi 70. Ces derniers, Martin Petitclerc et Cory Verbauwhede, déclaraient : « Par les menaces qu’elle fait planer sur les personnes qui demandent une aide de dernier recours et leur famille, la “Loi visant à permettre une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi ainsi qu’à favoriser l’intégration en emploi” doit être dénoncée. »

Dans sa réplique, le ministre se porte à la défense du programme Objectif emploi. « La lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale relève de différentes stratégies (…). La première est de mettre tous les efforts du côté du déploiement du capital humain en favorisant l’éducation et l’autonomie économique. Le programme Objectif emploi se situe de ce côté en fournissant un cadre soutenu aux premiers demandeurs d’aide sociale, dont la grande majorité est constituée de jeunes qui n’ont jamais terminé leur cinquième secondaire. »

Le ministre l’admet donc. Ce sont les jeunes qui seront principalement touchés par Objectif emploi, ses obligations et ses éventuelles pénalités financières ramenant potentiellement la prestation mensuelle d’aide sociale à 399 $. Des jeunes décrocheurs déjà marginalisés.

Le ministre précise aussi la nécessité « de convoquer une personne sans contrainte à l’emploi et qui en est à sa première demande d’aide sociale pour faire l’évaluation de sa situation. Un tel bilan est indispensable pour déterminer la meilleure façon de répondre correctement aux besoins multiples de ces personnes et, dans certains cas, pour s’apercevoir qu’ils ont des contraintes à l’emploi non déclarées. Au Québec, les sous-diagnostics, notamment en matière de santé mentale des jeunes arrivant à l’aide sociale, posent des questions sérieuses auxquelles il faut s’attaquer. C’est pourquoi il nous faut rencontrer systématiquement les nouveaux demandeurs d’aide sociale et procéder à l’évaluation de leur situation. »

Contente de constater que le ministre a pu, lui aussi, observer l’importance des besoins multiples, et particulièrement, des problèmes de santé mentale des jeunes. Toutefois, je me demande quelles formations recevront les agents de l’assistance sociale pour détecter ces problèmes chez les jeunes…

Espérons que ces mêmes agents seront suffisamment renseignés sur les services offerts par les entreprises d’insertion et les organismes communautaires jeunesse pour y diriger les jeunes qu’ils rencontreront…

En terminant, permettez-moi de vous partager un autre questionnement. Pourquoi, dans ce contexte des besoins multiples des jeunes, Emploi-Québec limite-t-elle la prolongation d’un stage à 4 semaines, comme vient de me le signifier notre conseiller?

À la semaine prochaine

Jeanne Doré