Le difficile mais profitable travail sur soi

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Sophie Narbonne, stagiaire au Boulot vers en 2012

En 2011, Sophie Narbonne a 22 ans : « Je connaissais plusieurs personnes, des ami[e]s, qui avaient fait Boulot vers, et qui m’ont suggéré d’y aller. J’ai passé une entrevue. J’ai été acceptée. » Parfois, c’est aussi simple que cela.

« Du point de vue scolarité, j’avais complété mon secondaire deux, poursuit Sophie. Je vivais chez mes parents. J’avais des petites jobines, mais rien de super sérieux. Je n’avais pas de diplômes pour pratiquer un vrai métier. »

« J’ai fait le programme Bouge vers le boulot offert cette année-là. C’était trois mois de sport et de travail sur soi. Dix heures de sport par semaine. Il y avait un cours portant sur l’estime de soi, dix heures par semaine également. Je faisais le basketball, le soccer, l’entraînement physique et le jogging, beaucoup de jogging. » Sophie rit : « Thierry (l’entraîneur) nous poussait dans nos limites ! On courait souvent à l’extérieur, c’était assez intense ! À la suite de ces activités, j’ai fait le stage de six mois dans l’usine. »

A-t-elle le souvenir que c’était là une bonne approche, pour elle ? « Ça m’a beaucoup aidé ! C’est peut-être le sport qui m’a aidé le plus, ainsi que le stage comme tel et un programme (une thérapie, précise-t-elle plus loin) que j’ai fait en parallèle. » Sophie réfléchit et ajoute : « Tout cela a représenté un travail sur moi qui m’a beaucoup aidé. »

Le travail sur soi : l’expression est lancée. Sophie, sur un ton de confidence, parle de l’effort et de l’inconfort que créait cet aspect de son stage : « On travaillait l’estime de soi. Je me rappelle d’ateliers portant sur la gestion de la colère. Avant, j’étais quelqu’un de très impulsif. J’ai appris à contenir ma colère. Pogner les nerfs, j’ai fait ça, et ça ne m’a servi à rien. »

« Dans mon travail, aujourd’hui, je le reconnais, ça m’est utile. Le simple fait de parler, d’extérioriser, ça me fait du bien. » . Se comprendre. Penser avant de répondre : tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler.

Dans ton parcours de travailleuse, qu’est-ce qui a suivi le stage ? « J’ai essayé de trouver du travail. J’ai fait des démarches auprès d’Emploi Québec. Je commençais à être sérieuse grâce à mon stage, et en bout de ligne, j’ai eu le soutien nécessaire du Boulot vers auprès d’Emploi Québec pour finir mon secondaire, puis faire un DEP comme infirmière auxiliaire. » Elle est maintenant à l’emploi du CIUSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, à temps plein.

Le stage au Boulot vers lui a permis d’acquérir de la confiance. Elle est fière d’avoir appris à terminer les choses : elle a son permis et conduit la voiture. Elle a fait son secondaire 5. Elle a trouvé un emploi et pratique un métier. Elle a eu un enfant, la petite Alissa, il y a un an et quatre mois. « Tout s’est aligné. Ma vie prend une direction. »

En ce moment, elle termine un congé de maladie et avoue avoir hâte de reprendre parce que « ne rien faire, je n’aime pas ça ! » Elle a un message pour l’équipe du Boulot vers : « Merci pour l’aide que vous m’avez apportée dans ma vie ! Encore aujourd’hui, vous continuez à m’aider, exprime-t-elle avec reconnaissance, même si j’ai terminé mon stage il y a longtemps ! C’est spécial, et c’est précieux ! »