Le début d’un [nouveau] futur

Sadrack Josephe stagiaire au Boulot vers

Sadrack Joseph (33 ans), ancien stagiaire au Boulot vers (2011)

De nationalité haïtienne, Sadrack débarque au Québec en janvier 2011, un an après le tremblement de terre dévastateur. Il a 26 ans, il arrive dans une culture toute nouvelle pour lui : « J’avais quitté un pays totalement dévasté, au rythme lent, très désorganisé. Au Canada, pour moi, c’était extrêmement vite : ici, ça ne niaise pas, c’est métro boulot dodo ! Mes deux frères d’ici m’ont dit : sois préparé à travailler. »

Un tremblement de terre, c’est une expérience qui marque : « Quelques jours après mon arrivée, la première fois que j’ai entendu une machine à laver qui essorait, avec les vibrations du plancher que ça produit, je me suis retrouvé dehors en une fraction de secondes, à côté des bancs de neige ! Ma sœur m’a demandé qu’est-ce que je faisais là ? J’ai eu l’instinct de me mettre à l’abri ! »

Sadrack se considère privilégié, malgré cette catastrophe survenue dans sa vie. C’est qu’il a déjà une famille qui l’attend au Québec, ses frères et sœurs qui le soutiennent. Dans ce contexte, il entreprend des démarches. Il s’inscrit à Transat 2000, un centre de formation qui lui permettra de rencontrer du monde et d’élargir son réseau. C’est de cette façon qu’il apprend l’existence du Boulot Vers, un organisme qui l’a beaucoup marqué, comme une deuxième famille : « C’était le début d’une vie ! J’allais vraiment faire face à la réalité du marché du travail au Québec ! Ça a été le début de mon avenir ! On t’y apprend à identifier tes priorités ! Comment gérer ta vie ! Pour les nouveaux arrivants comme moi, les gens du Boulot Vers, ce sont comme des parents ! »

Pour Sadrack, qui ne manquait pourtant pas d’initiative ni de confiance, l’entreprise d’insertion permet une sorte de mise à niveau par rapport à la réalité de l’emploi : « Boulot Vers m’a apporté ça. Oui, j’avais du talent, mais ce n’est pas tout. Deux mois après mon arrivée, j’étais chef d’équipe. Boulot Vers inscrit la démarche dans la discipline. Oui, c’est un stage, mais c’est complet, en tant qu’expérience, comme dans la vraie vie. Cela permet d’attaquer le marché du travail. »

De la confiance. Et de l’écoute. De l’humilité à reconnaître ses limites et les efforts des autres autour de soi à faire avancer la situation.

Selon Sadrack, le passage dans cette entreprise permet de se motiver et de passer à l’action. « À l’époque, je suis d’abord retourné au travail, et j’ai pu me préparer à reprendre l’école. Au Boulot vers, j’ai appris une chose, en fait : concilier travail et études, c’est faisable. J’ai été à l’école professionnelle, j’ai fait un DEP en assistance à la personne en établissement de santé, j’ai commencé à travailler là-dedans. Puis après, j’ai poursuivi dans le secteur de la santé en Montérégie. Je suis retourné à l’école en assurances au Cégep du Vieux-Montréal. Je travaille maintenant aux services internes des Investissements PSP : j’y prépare les postes de travail. Y’a donc encore un peu de mon bagage hérité du Boulot vers, puisque c’est un travail manuel.

« À un jeune qui se présente à Boulot Vers, je dirais : tu es chanceux ! Tu devrais en profiter ! Écoute les personnes qui te conseillent : ce sera le début de ton avenir. »

Prendre conscience de la réalité. Apprendre à se connaître dans les relations de travail : respecter l’autorité, ressentir et maîtriser le stress inhérent au travail. « Profites-en pour développer des outils en vue d’affronter le combat de la vie ! »