Le blogue de Jeanne

Jeanne Doré, directrice du Boulot vers...

Les jeunes frappés de plein fouet par l’insécurité alimentaire

Le 14 septembre dernier, l’article de Marc Thibodeau dans La Presse + portait ce titre, accompagné de la phrase suivante « Des adolescents volent ou se prostituent pour se nourrir, prévient un rapport. »

Le titre a attiré mon attention. Son contenu encore plus.

L’Urban Institute, un groupe de recherche établi à Washington a entrepris de documenter l’impact de l’insécurité alimentaire sur les adolescents des familles défavorisées des États-Unis. On estime que près de 7 millions d’Américains âgés de 10 à 17 ans peinent à obtenir toute la nourriture dont ils ont besoin et que 3 millions d’entre eux souffrent de manques graves. Les chercheurs ont interviewé près de 200 jeunes répartis sur cinq États dans une dizaine de communautés présentant des taux de pauvreté et de chômage plus élevés que la moyenne.

Qu’ont-ils constaté? Les adolescents sont conscients que leurs parents souffrent, que leurs frères et sœurs souffrent et ils se sentent tenus de faire quelque chose ». Ces jeunes vont souvent tenter, dans un premier temps, de sauter des repas ou se contenter de nourriture de piètre qualité pour ne pas trop peser sur les finances familiales. L’approche s’avère souvent insuffisante et les pousse à rechercher d’autres solutions sans pour autant en parler ouvertement, puisque l’insécurité alimentaire est souvent ressentie comme une honte. L’obtention d’un emploi est difficile et ne règle pas nécessairement tout puisque les postes sont souvent mal rémunérés et hautement instables. Des avenues plus risquées sont alors envisagées.

Le vol à l’étalage est un des recours envisagés et commence parfois à être utilisé par des enfants du primaire. Le vol de biens comme des vélos, des téléphones et des voitures, ou encore de la drogue, est aussi utilisé. La prostitution n’est pas rare et prend parfois la forme d’une fréquentation répétée et apparemment consensuelle dans laquelle les relations sexuelles sont compensées par des repas au restaurant, des biens monnayables ou de l’argent.

Mon expérience de la réalité vécue par les jeunes en difficulté de Montréal me permet d’affirmer que ce n’est pas qu’aux États-Unis que les jeunes vivent une telle situation.

À la semaine prochaine

Jeanne Doré