Le blogue de Jeanne

Jeanne Doré, directrice du Boulot vers...

Le désespoir des Autochtones

Ayant vécu et travaillé dans le Grand Nord canadien pendant quelques années, j’ai pu admirer tout autant la beauté de ses magnifiques paysages que la philosophie des communautés qui y résident.

Contrairement à nous, les Blancs du Sud, les autochtones considèrent que la terre ne leur appartient pas, ni les enfants d’ailleurs.

J’ai aussi pu constater la désolation qui sévit dans les villages. Par le biais de nos gouvernements, nous avons dépossédé les autochtones de leurs territoires, de leurs traditions, de leur culture, de leur langue, de leur dignité. Pas étonnant que le désespoir y règne en maître.

Attristée et choquée par les derniers événements vécus par la communauté autochtone d’Attawapiskat, j’ai suivi avec beaucoup d’attention les médias qui s’y sont intéressés.

Le docteur Stanley Vollant, médecin et lui-même autochtone, a fait paraître un témoignage fort éloquent dans La Presse Plus. Il y décrit des faits qui sont le quotidien des communautés : taux de décrochage scolaire au secondaire de 50 à 75%, taux de suicide 4 à 6 fois plus élevé chez les autochtones et 15 à 20 fois plus élevé chez les Inuits que celui du reste de la population canadienne. De ce texte, je retiens les mots espoir, résilience, courage et sa dernière phrase : « Il est temps que le soleil se lève après un long hiver qui a duré trop d’années et qui a éteint trop de petites étincelles qui auraient pu contribuer à faire brûler la flamme de notre nation. »

La discussion menée par Anne-Marie Dussault à son émission 24/60 m’a permis de connaître Marie-Ève Cotton, psychiatre à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. Je retiens de ses propos que si elle en avait le pouvoir, elle « prescrirait un emploi » aux jeunes.

Des témoignages qui m’ont rappelé un ancien stagiaire de 2007, Sébastien Papatens, autochtone et originaire de Senneterre. Dans notre publication, Le Ciboulot, il racontait comment le soutien psychosocial du Boulot vers…. avait été déterminant pour lui. « C’était à une époque où j’étais très touché par la mort de deux amis. Un juste avant que je commence le stage et l’autre pendant que j’étais au Boulot vers… Ce dernier était un ami très proche à qui je pense encore aujourd’hui. J’étais très affecté. Ils ont pris le temps de m’écouter, de me donner le temps de voir le positif dans le négatif. J’ai aussi compris comment on pouvait s’aider entre nous. »

Au sortir de son stage, Sébastien a choisi de travailler à soutenir sa communauté au Centre d’amitié autochtone de Montréal.

Jeanne Doré