Jesula la stagiaire, la femme, l’intrapreneure…

Jesula Taylor, stagiaire en 2002, Le Boulot vers…

Jesula Taylor est d’origine haïtienne, arrivée au Québec à 8 ans, avec son père. À 18 ans, ça ne va pas très bien à l’école, elle se cherche. Et là, une amie à elle, Kidna, qui fréquente la même église, l’invite à participer à une rencontre d’information recrutant des jeunes pour un stage de six mois.

Jesula a alors 18 ans : « Quand je suis allée à Boulot vers, la première fois, je ne connaissais pas l’entreprise, il y avait donc de la curiosité chez moi. Et aussi, j’étais très gênée, dans le temps. J’avais peur du nouveau. Par nature, j’aimais le confort que me procurent les tâches que je fais bien, j’avais peur de me lancer dans l’inconnu, d’échouer. »

Prudente, elle a pris le temps de mesurer son nouvel environnement : « J’ai été à l’accueil, réceptionniste. Je suis quand même restée réservée, au début. Puis tranquillement, la confiance s’est établie. Chantal, l’intervenante à l’époque, me suivait dans mon cheminement. Et ça a marché, j’ai appris à communiquer qui j’étais, mon éducation, ma nature, pourquoi j’étais la personne que je suis.

« De là, j’ai pu clarifier mon cheminement, mieux voir où je m’en allais. En travaillant dans les bureaux, j’ai découvert beaucoup sur moi, et j’ai réalisé combien j’aimais mon travail dans l’entreprise. Ça a ouvert en moi la porte sur l’autre : je peux donner, je peux aider, je veux contribuer. Parallèlement, j’ai découvert que j’aimais la technologie, l’ordinateur.

« Mon côté timide s’est effacé. Je répondais au téléphone avec confiance. J’ai finalement prolongé mon stage, j’ai vécu plein d’expériences nouvelles, j’ai même été chef d’équipe ! »

C’est tout un côté responsable qui apparaît chez Jesula, une force en elle qu’elle apprend à identifier, comme si cette partie d’elle cherchait à s’exprimer et trouvait tout à coup l’occasion de se déployer ! « Ça a été une belle expérience, je me suis sentie comme une femme sérieuse, importante. »

Aujourd’hui, Jesula est revenue à Boulot vers : après une dizaine d’années où elle s’est exercée à l’entrepreneuriat dans le secteur de la petite enfance, elle a repris contact avec l’organisation en manifestant le désir d’y travailler !

Et à sa grande joie d’être passée par-dessus sa « timidité naturelle » et d’avoir osé, elle occupe depuis un an un poste d’assistante à la commercialisation.

Dans la joyeuse trentaine, active et allumée, à l’écoute, elle se révèle une intrapreneure dans l’âme, ces personnes avec de nombreux antécédents proactifs qui souhaitent entreprendre et contribuer à la mission, à la cause du Boulot vers notamment, de l’intérieur !