Faire mieux dans la vie, avec gratitude

Sabastien-Luc Papatens, stagiaire au Boulot vers en 2007

Tout au long de notre conversation, il y a dans les réponses de Sabastien à nos questions une façon de finir les phrases avec un brin de joie et de légèreté, d’enthousiasme vrai. Avec lui, jamais le verre n’est à moitié vide : il y a du bon dans tout, regarde, le verre est à moitié plein !

Faire une entrevue avec lui, c’est entendre un tas de mercis sans qu’il ne dise jamais le mot… Il a la gratitude silencieuse et… généreuse !

Pourtant, son récit est tout simple. Sabastien-Luc Papatens est né à Senneterre en Abitibi en 1980, à 530 km au nord de Montréal. Algonquin de descendance. Il restera là-haut jusqu’à l’âge de 19 ans, puis viendra s’installer dans la grande ville, où il demeure maintenant depuis 19 ans, « la moitié de ma vie ».

Il fera plusieurs emplois, les petits métiers, comme on dit, du travail de manutention, manuel, physique. Puis, il poursuivra sa trajectoire dans un centre de jour pour itinérants. Il y deviendra animateur et gèrera les activités d’une trentaine de personnes d’entre 35 et 45 ans.

C’est après, en novembre 2007, qu’il se présente à Boulot vers, à l’âge de 27 ans, pour y apprendre à travailler le bois. Il se teste dans la pratique de l’ébénisterie.

Il aime ça. « Au Boulot vers, j’ai appris que j’étais un bon leader : les gens dans l’atelier m’ont choisi comme chef d’équipe, ça m’a impressionné, touché. J’étais reconnu comme facile d’approche. On pouvait facilement me parler, me demander de l’aide. J’étais rassembleur.

« Au Boulot vers, les intervenants étaient à ton niveau, down to earth. Puis avec le responsable des ventes, on parlait de chasse et de pêche », des passions pour Sabastien né dans la nature. « Toute l’équipe était encourageante et m’invitait à faire mieux ».

Après son stage, Sabastien retourne chez son ancien employeur, du Centre de jour pour itinérants. Il y devient cuisinier, et c’est le métier qu’il pratique depuis maintenant dix ans. « Un repas par jour, pour 20 convives mais parfois beaucoup plus, jusqu’à 120 à Noël ! » Il voit dans son travail, outre une passion pour l’organisation des tâches et la gestion des équipes, une dimension sociale, redonner au suivant. Il est sensible aux personnes défavorisées pour qui il travaille.

Dans sa vie par ailleurs, la plus belle « chose » qui lui est arrivée, c’est Nihboyen.

« En Cri, ça veut dire « mon fils », « mon gars ». Même si je suis séparé de ma copine, on a une belle entente pour élever le petit, lui donner les bonnes valeurs de la vie, le sens de la famille. Chaque année, avec lui, on voyage, on fait un road trip, pour aller voir le monde. Je veux lui montrer ma culture, lui faire comprendre d’où il vient. Il a une place importante. Je souhaite lui apprendre à être un bon gars. Je ne veux pas lui dire quoi faire, la vie est là pour lui apprendre.

« S’il veut être musicien, il sera musicien. S’il veut être banquier, il fera banquier. Je vais toujours l’encourager à faire mieux dans la vie ! »