Expérimenter son autonomie

marilyn tousignant - Boulot vers

Marilyn Tousignant, stagiaire au Boulot vers en 2007

« Je suis arrivée tard sur le marché de l’emploi, à 21 ans », confie Marilyn.

Disons que, dans sa vie personnelle, elle a eu un enfant à l’âge de 16 ans et qu’elle s’est concentrée sur son éducation jusqu’à ce qu’il soit inscrit à l’école. Cela dit, c’est quand même ce qui a fait qu’elle s’est présentée au Boulot vers en l’année 2007.

« Je n’avais jamais travaillé de ma vie ». En fait, Marilyn sentait le besoin de mettre à jour ses habiletés à l’emploi, de développer de l’expérience en vue de bien garnir son « coffre à outils », bref de se faire un curriculum vitae présentable.

Projets audacieux, mais aussi approche méthodique, organisée : « Je me suis présentée au Boulot vers. J’ai passé des tests. Ils m’ont rappelée : j’étais acceptée ! J’allais pouvoir commencer un stage en milieu de travail. On m’a intégrée à l’équipe déjà existante. J’ai pu développer une méthode de travail — je ne connaissais pas ça ! Ainsi, mon stage ayant été prolongé, j’ai fait un peu plus d’un an.

« Avec l’un des conseillers de l’époque, nous avons étudié les possibilités de développer pour la suite. En sortant du Boulot vers, j’ai essayé l’université, quelques mois ; j’ai aimé, mais le domaine choisi ne me convenait pas. Je me suis réorientée. Ensuite, ma petite famille et moi, nous avons déménagé. J’ai recherché un emploi. J’avais de l’expérience en informatique, j’ai été embauchée. J’ai progressé rapidement. Aujourd’hui, je suis assistante technique en pharmacie. Ça fait six ans que je suis là. »

En y réfléchissant, Marylin nous confie qu’elle n’a pas forcément appris que de nouvelles choses lors de son stage : elle raconte qu’elle s’est plutôt appliquée à identifier, par le travail avec les intervenants du Boulot vers, des habiletés qu’elle avait en elle. Dans l’action, elle s’est autorisée à les utiliser : « J’ai gagné en confiance, c’est sûr ! »

Elle s’est permise d’explorer : « Le Boulot vers… a été une expérience très formatrice. Je n’ai pas seulement appris un métier, je me suis aussi initiée au milieu du travail comme tel. J’ai réalisé beaucoup de choses sur moi-même : quel genre de travail j’aime, d’abord. J’ai fait le secrétariat au Boulot vers et j’ai appris que j’avais besoin de bouger un peu plus. Ce que je fais aujourd’hui combine le travail de bureau et certains aspects pratiques qui m’amènent à bouger comme j’aime. »

Son stage lui a permis de faire le tour des ressources disponibles dans l’entreprise d’insertion. « Ça m’a appris beaucoup la polyvalence, l’autonomie et la débrouillardise. Ça m’est utile encore aujourd’hui. Je me souviens bien de ce que j’ai appris au Boulot vers, et je m’en sers. Surtout en ce qui a trait au service à la clientèle. »

Sa vie s’est poursuivie : elle vit depuis 17 ans avec Carl, commis à la réception dans un entrepôt ; ensemble ils sont parents de Shade, 14 ans et Orelsan, 11 mois.

Marilyn, que dirais-tu aux jeunes qui ne connaissent pas Le Boulot vers… ?

« On est choyés d’avoir un organisme qui nous aide à apprendre à travailler, à se débrouiller pour se trouver un emploi, parce que ce n’est pas toujours facile, avec le genre de vie qu’on mène, le style de personnalité qu’on a, de se monter un CV qui va intéresser un employeur. C’est la place où on peut expérimenter sans avoir peur de perdre son emploi. « Tu peux faire une petite erreur, et tu vas apprendre que ça ne se fait pas, dans un vrai emploi ! »