Être soutenu dans l’affirmation de ce qu’on est

Joel_Vaudeville - Boulot Vers

Joël Vaudeville, stagiaire au Boulot vers, mars 2016

Avec tout juste un secondaire 1 complété, Joël s’est présenté au Boulot vers à la suite de la recommandation de son père, lui-même ancien stagiaire en 199X.

À 22 ans, il se retrouve dans un passage à vide. Il a eu des emplois de courte durée, interrompus souvent pour des raisons de réduction du nombre d’heures de travail, suspension pour blessures, réembauche non tenue, mise à pied, etc. Il s’agit de périodes relativement longues sans travail ni rémunérations.

C’est alors qu’il envisage faire une demande d’aide sociale, et dans cette foulée, suit la recommandation de son père (soutenue par sa mère, Isabelle Leblanc, aussi ancienne stagiaire à l’atelier) : il va faire une demande au Boulot vers et sera recruté.

« Je ne savais pas vraiment dans quoi je m’embarquais. Il y avait beaucoup d’inconnu dans cette démarche, pour moi ». À commencer par un geste non planifié qu’il posera, dès les débuts de son stage au Boulot vers, sentant qu’il peut y évoluer avec assurance : il va faire son « coming out », et mentionner à ses pairs, aux intervenants et à l’équipe du Boulot vers, qu’il est gai.

« J’ai fait le stage de six mois complet, engagé dans mon processus d’affir­mation gaie. On m’a soutenu. Je me suis senti accueilli, inclus, pas de chichi. »

Il avoue avoir gagné en sécurité et en confiance dans cette démarche « personnelle et privée », conscient que « un coming out, il n’y en a pas qu’un dans ta vie, c’est à refaire chaque fois quand tu changes de milieu, quand tu rencontres de nouvelles personnes, que tu te refais des amis. »

Ses six mois au Boulot vers lui ont permis de se renforcer, « le fait de ne pas y vivre de rejet face à mon orientation sexuelle, ça m’a aidé. »

Joël se dit une personne calme, énergique, « avec mes sautes d’humeur », ajoute-t-il de sa belle voix assurée. Le Boulot vers… lui apparaît maintenant comme une période stable pour effectuer une sorte de pause et se regarder aller : « J’ai appris à accepter la critique, à reprendre sur moi, à ne plus le prendre « personnel ». J’ai compris aussi ce que ça veut dire, être à l’heure, ne plus être en retard, comprendre les exigences du travail. Maintenant, je déteste être en retard, je suis attentif à cela. Nous avions des ateliers : j’ai retenu beaucoup sur la sexualité, la nature, manger sainement. »

« Je veux retourner à l’école. Mon idéal serait de finir mon secondaire 5, puis d’obtenir une attestation d’étude collégiale [AEC]. Ça m’ouvrirait des portes. Dans quel domaine ? Je ne le sais pas. J’ai une belle vie, travail, vie amoureuse, voyage, amis. Mais je réalise quand même qu’il faut que je retourne bientôt aux études. Peut-être l’été prochain ? »

Le Boulot vers… célèbre son 35e anniversaire cette année. Son thème : changer des vies pour la vie. Est-ce que cela s’est passé pour toi, Joël ? « J’apprécie avoir appris un métier, c’est cool, vraiment. Je suis fier de moi. Quelque chose a changé, je le sens, une façon différente de voir les choses. »