Décès de Bernard Pépin, citoyen bénévole bien connu dans Hochelaga-Maisonneuve

La sagesse de l’ouvrier qui peut changer le monde à sa base

Montréal, le 6 mai 2020 — Bernard Pépin est décédé le 2 mai 2020, à l’âge de 97 ans. Il laisse dans le deuil ses proches ainsi que la communauté entière d’Hochelaga-Maisonneuve, où il a vécu un long et fier parcours, y manifestant une présence communautaire soutenue.

Pour Jeanne Doré, directrice générale du Boulot vers…, Bernard Pépin est un être humain exemplaire : « Redonner au suivant l’a toujours guidé ». Né dans le quartier Hochelaga en 1922, l’ancien ouvrier de la Shop Angus a contribué, dès le début des années 1980, en tant que citoyen bénévole engagé dans la cause des jeunes marginalisés, au fondement de l’œuvre sociale du Boulot vers : « Il a été un pionnier de l’employabilité dans le quartier », relate-t-elle. Par son suivi et son engagement pendant toutes les 37 années passées, par son souci des jeunes, il a incarné le sens du travail ».

Un homme consacré au bien commun

Ouvrier complice au cœur du noyau des fondateurs de l’entreprise d’insertion Le Boulot vers…, il a accompagné de sa présence, de ses conseils, de sa sagesse, des milieux de jeunes sans emplois, devenus par la suite travailleurs.

Louise Harel, députée de 1981 à 2007 dans Hochelaga-Maisonneuve à l’Assemblée nationale du Québec, considère que Bernard Pépin fut un homme de bien : « Dédié à la réussite des jeunes, il a consacré sa vie au bien commun. Son contact direct avec la jeunesse lui a permis de rester jeune de cœur lui-même. Je tiens ici à le remercier pour son immense implication dans le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve : Il a été entre autres président de l’AQDR (association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées).

« C’est sur lui que reposait l’entretien de l’Église Saint-Clément, poursuit Louise Harel. Il a su mettre son talent manuel au service de la communauté. Il a participé au film LE SOLEIL SE LÈVE À L’EST[1] de Paul Carvalho, où l’on voit bien qu’il a toujours démontré son appartenance à la vie de son quartier. »

Un hommage post pandémie à venir

Élyse Benoit, une des fondatrices du Boulot vers, l’a bien connu et apprécié : « Bernard avait un sens de l’humour incroyable. C’était le rassembleur, celui qui réunissait tout le monde. Solide comme le roc à 95 ans, au cœur de l’œuvre du Boulot vers, il faisait la transmission du savoir : il apprenait quelque chose à tout le monde, sur la vie, le métier. »

« C’était un être chaleureux et extrêmement attachant, modeste et enjoué, conclut Louise Harel. Il va nous manquer. Nous sommes nombreuses et nombreux à vouloir l’honorer ». À cet effet, la directrice du Boulot vers… annonce qu’une cérémonie sera tenue dans les mois à venir, une fois la période actuelle de distanciation sociale et de confinement terminée.

Acteur de la bienveillance

Engagé auprès de tous les siens — parents, ami-e-s, confrères de travail, familles, bénévoles — il a été acteur « tenace » de la bienveillance et de la simplicité dans sa communauté d’Hochelaga dont il a été un pivot important. Bernard Pépin incarnait la sagesse de l’ouvrier qui peut changer le monde à sa base, une personne à la fois, un sourire et une douceur à la fois.

[1] Premier portrait d’une série sur la métropole produite pour le 375 e anniversaire de la fondation de la ville, en collaboration avec Radio Canada

 

Source : Le Boulot vers… (514) 259-2312