« Dans mon bagage de vie, j’ai un cadeau »

Carl-eric paradis, stagiaire au Boulot vers

CARL-ERIC PARADIS, ANCIEN STAGIAIRE AU BOULOT VERS (1994)

Parler avec Carl-Éric Paradis de son expérience au Boulot vers, c’est quand même revenir 25 ans en arrière ! Il en est passé de l’eau sous les ponts, ou dans son cas, des avions au-dessus des toits, puisque c’est dans le domaine de l’aéronautique qu’il travaille depuis maintenant plus de 20 ans. Y a-t-il un lien avec l’ébénisterie ? Patience, vous allez voir.

À 20 ans donc, en 1993, ce Gaspésien annemontois arrive à Montréal avec son secondaire 5 pas terminé. Il fait des petits métiers pour commencer, surtout courrier à vélo. Musicien dans une vie parallèle, il donne des spectacles avec son groupe de Métal Hurlant SÉISME. « Vélo et musique, ça fait une vie festive, en marge. On sort tard. On s’éclate beaucoup la nuit. J’aimais ça, j’étais à fond là-dedans. »

Mais Carl-Éric a d’autres projets pour combler ses aspirations. Le travail ne lui fait pas peur. Avec son ami Jimmy Marin, Gaspésien lui aussi, il se présente au Boulot vers.

« Nous avons eu un accueil chaleureux en partant. Il n’y a eu aucun jugement. Nous avons intégré l’équipe rapidement, et tout de suite, nous avons commencé notre stage.

« J’ai adoré mon expérience. Nous avons pu travailler le bois massif. Nous avons fait des meubles solides adaptés pour les personnes handicapées, les [fameux pouponbus] Six-puces créés pour les garderies. C’étaient de belles réalisations solides, où j’ai pu toucher à tout, le tour à bois, la finition, le sablage. L’ébénisterie de base, quoi. »

Dans les mois qui suivent le stage au Boulot vers, Carl-Éric complètera par lui-même, en autodidacte, son secondaire 5 et réussira l’examen du Ministère. Puis, son parcours se poursuit : « En 1995, j’ai été introduit dans une entreprise par un ami. J’y ai pratiqué la peinture aéronautique[1], sablage et finitions sur avions. Des gros clients sont passés, comme Air Transat, dont nous avons repeint l’extérieur de la flotte entière. »

Puis il y a eu Bombardier, les CRJ 200, 700 et 900, ensuite C&D Aerospace, leader mondial de la Californie, acquis par Zodiac Aerospace, compagnie française. « C’est alors que l’ébénisterie est revenue dans ma vie. Ce sont des avions dont l’intérieur est aménagé de bois fins, prestigieux, des modèles qui coûtent entre 50 et 70 millions de dollars chacun. J’y travaille sur la fabrication et l’installation de meubles. »

Le parcours professionnel de Carl-Éric est exemplaire à bien des égards : une idée de départ forte, s’investir dans le travail. Des valeurs bien ancrées : dès son enfance, il a travaillé dans la poissonnerie de son père, de longues heures dans des conditions difficiles. Il s’y est révélé « soucieux du travail bien fait, bon employé, ponctuel. »

Qu’a été Le Boulot vers… dans tout ça ? Carl-Éric explique, positif et accueillant face à ce qui lui arrive dans la vie : « Je suis fier de moi, du fait que je n’ai jamais lâché. Arrivé au Boulot vers, je me cherchais une direction. Je vois mon expérience au Boulot vers comme un cadeau de la vie, quelque chose que tu mets dans ton bagage, peu importe que tu t’en serves tout de suite ou plus tard. Je suis devenu ébéniste il y a 25 ans et c’est aujourd’hui que ça me sert. »

[1] [Notez le lien avec… l’aéronautique !]