L’Ébénisterie : Mixité et équité hommes / femmes dans le milieu!

Mixité et équité en ébénisterie

Hommes / Femmes, proportions inversées, du jamais vu au Boulot vers…

Traditionnellement, Le Boulot vers… accueille bon an, mal an, 75 % d’hommes et 25 % de femmes. Actuellement, 12 femmes (60%) et 8 hommes (40%) sont en stage. Une grande première et une belle fierté pour notre organisme qui encourage l’équité et la mixité dans ses équipes.

Lorsque Le Boulot vers a été fondé en 1983, l’ébénisterie faisait partie des métiers traditionnellement « réservés » aux hommes. Il a fallu la mise en place de programmes gouvernementaux il y a près de 40 ans pour permettre à des femmes d’accéder à des métiers non traditionnels.

L’insertion des femmes dans l’ébénisterie fait partie de nos défis. Une tendance qui vient d’être bousculée et qui vaut la peine d’être communiquée.

Sur la photo, notre nouvelle chef d’équipe Salomé Berretta avec Jessica, stagiaire finissante.

Produire des meubles pour une insertion durable

L’automne 2016 aura été l’occasion de démontrer, encore une fois, la pertinence de l’approche du Boulot vers… tel que définie dès sa création : « faire en sorte que le travail, et la formation en liaison avec le travail, soit un outil d’insertion sociale, économique et citoyenne des jeunes dans la société. »

En effet, la réalisation de contrats majeurs – un nouvel établissement pour le CPE populaire Saint-Michel, 30 chambres pour la Maison l’Échelon, du mobilier urbain avec le frêne abattu en raison de l’agrile pour la ville de Pointe-Claire, l’aménagement de la boutique du Planétarium de l’Espace pour la vie, les salles de formation et le bureau d’un associé pour la firme André Filion et associés – a généré, durant l’automne, un niveau d’activité rarement atteint dans l’atelier. À tel point que, pour respecter les échéanciers, il a fallu travailler en temps supplémentaire et faire appel aux anciens stagiaires.

Et la réponse fut formidable. Informés et conscients des contrats à remplir et de l’importance de leur présence dans l’atelier, les stagiaires ont répondu présents. Valorisés, ils se sont mobilisés pour réduire presque à néant les retards et les absences pendant deux mois et à les éliminer pendant toute une semaine. Même chez les jeunes nouvellement entrés en stage.

De tels moments sont des sources de motivation pour le personnel et les administrateurs du Boulot vers…

(Extrait du Rapport d’activités 2016-2017)

 

En soutien à la formation d’étudiants de tout horizon

Entre le 1er juillet 2016 et le 30 juin 2017, Le Boulot vers… a soutenu la formation scolaire de niveau collégial et universitaire, en offrant :

  • Un lieu d’analyse à deux étudiantes de l’École des Sciences de la gestion (UQAM) qui ont fait du Boulot vers l’objet d’un travail sur les enjeux de la gestion en contexte interculturel
  • Un stage, en collaboration avec le Collège Saint-Laurent, à un étudiant de l’Université de Paris, DUT Hygiène Santé Environnement
  • Un stage à un étudiant de l’École du meuble de Victoriaville à Montréal
  • Un stage à une étudiante du programme technique de dessin assisté par ordinateur du Collège Saint-Laurent
  • Un emploi d’été à une étudiante (ancienne stagiaire du Boulot vers) au Collège CDI, programme Santé, assistance et soins infirmiers (Emplois Été Canada – 2016)

Boulot vers recycle pour la promotion de l’insertion

Florence Girard-Laperrière, étudiante en design industriel à la Faculté d’aménagement de l’Université de Montréal, avait la mission de créer des objets pour réutiliser les retailles de bois issues de la production « standard » du Boulot vers.

«  Au cours de l’été, nous avons confié à Florence le mandat de concevoir des produits nous permettant d’utiliser les retailles générées par notre production de meubles, en considérant les habiletés de la main-d’œuvre appelée à fabriquer ces objets. La qualité et l’exactitude des dessins techniques produits par Florence témoignent de sa maîtrise des conventions établies en dessin industriel », souligne Alain Faille, son superviseur de stage au Boulot vers. « Nous avons pu constater la capacité de Florence de bien saisir son mandat et, surtout, de s’assurer de la complicité du personnel, stagiaire et régulier, du Boulot vers. Les nombreux produits conçus par Florence nous permettent déjà d’envisager leur commercialisation éventuelle », poursuit-il.

« Ce sont des maquettes viables, maintenant il s’agit de s’assurer que ce seront également des produits viables », ajoute Florence. Certains plans ont été améliorés avant son départ, notamment grâce aux commentaires des stagiaires ayant aidé à la fabrication et puis à l’assemblage des maquettes.

Environ 75% du travail nécessaire à la mise en marché a été réalisé : les premières semaines de stage ont servi au processus d’idéation; lorsque les objets à fabriquer ont été déterminés par l’équipe, l’étape des dessins techniques a débuté; puis, avec l’aide de l’équipe en atelier et des stagiaires, les plans se sont peu à peu transformés en maquettes. « C’était vraiment l’fun de travailler avec toi, de t’entendre parler de tes projets. Tu étais toujours gentille avec tout le monde et, à moi, tu m’as appris beaucoup de choses », partageait un stagiaire ayant participé au projet, au moment de dire au revoir à Florence.

Bilan des activités 2016-2017 du Boulot vers

Au 30 juin de chaque année, Le Boulot vers… termine son entente annuelle avec Emploi Québec. Du 1er juillet 2016 au 30 juin 2017, sur une cible de 37 participants, 69 jeunes ont été admis en stage alors que 36[1] d’entre eux l’ont complété. Les probations non réussies représentent 48% des admissions (33), une hausse par rapport à l’an dernier en raison des difficultés accrues de la clientèle, explique la directrice Jeanne Doré. Les jeunes sont confrontés à des problématiques telles l’absentéisme, par exemple, ou des problèmes de santé mentale diagnostiqués ou non diagnostiqués, comme l’anxiété.

Ce qui est gagnant au Boulot vers, c’est un excellent niveau d’encadrement combiné à un important engagement de la part des stagiaires : 25 participants ont atteint la cible visée durant leur stage, sur une obligation de réussite de 22. « Au Boulot vers, on ne forme pas des ébénistes, on outille des jeunes à jouer pleinement leur rôle de citoyen. Notre mission principale est d’aider le jeune à se mettre en action pour qu’il puisse réaliser ses défis personnels et professionnels afin d’intégrer le marché du travail de façon durable », partage la coordinatrice administrative Marie-Ève Hubert.

Le taux d’insertion 2016-2017 s’élève à 92,5%, un résultat dont tous les artisans du Boulot vers sont particulièrement fiers.

[1] 23 d’entre eux ont intégré un emploi, cinq (5) ont effectué un retour aux études, deux (2) sont tant en emploi qu’aux études, sept (7) sont en recherche active d’emploi.

126e cohorte au Boulot vers, la première cohorte 100% féminine!

En ce lundi 21 août, nous vivons une première très spéciale au Boulot vers : nous venons d’accueillir notre 126e cohorte, constituée à 100% de femmes! Du jamais vu! En moyenne, les femmes représentent le quart des jeunes en stage.

« Pendant plus de 20 ans j’ai dirigé un atelier composé au tiers de femmes ébénistes et je veux en profiter pour souligner le souci de finition des femmes » a tenu à partager ce matin le contremaître Gérald Tremblay, dans le cadre de l’arrivée de cette nouvelle cohorte.

Lors de la création du Boulot vers au début des années 1980, la notion de « métier non-traditionnel » était en pleine expansion. Pour les fondateurs, aider les femmes à intégrer le domaine de l’ébénisterie a été un choix fondamental.

Au Québec et au Canada, des mesures ont été mises en place pour faciliter l’accessibilité aux métiers non-traditionnels pour les femmes; la Commission de la Construction du Québec dévoilait en 2016 que le nombre de femmes dans le domaine avait augmenté de près de 10 %. Depuis son arrivée à titre de présidente directrice générale de la CCQ, Diane Lemieux a fait de l’accès des femmes aux métiers de la construction l’une de ses priorités.

Portage et Le Boulot vers… : l’économie sociale dans toute sa splendeur

À la fin du mois d’août, Le Boulot vers…livrera 24  lits anti-punaises au Centre de réadaptation en toxicomanie Portage, situé au Lac-Écho. Le partenariat entre Portage et Le Boulot vers…en est un de longue date, qui dure depuis près de 10 ans. En 2007, le travail des stagiaires du Boulot vers a permis de meubler une nouvelle résidence de Portage, située dans le quartier Saint-Henri. En 2016, 32 lits ont été livrés dans une résidence du Sud-Ouest de l’Ile.

« Ils ne se posent même plus la question avant de nous appeler. Quand des meubles ont près de 10 ans, qu’ils n’ont jamais brisé et qu’ils n’ont jamais eu besoin de réparation, ça veut dire qu’ils sont de bonne qualité », partage Alain Faille, chargé de projets au Boulot vers.

Portage représente le « client type » que Le Boulot vers…  cherche à rejoindre à travers sa production de meubles « à utilité sociale ». La ressource pancanadienne a pour objectif d’aider les personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie à vaincre leur dépendance. Cela signifie que les meubles produits par Le Boulot vers… viennent en aide à des personnes ayant des problématiques souvent similaires à celles de certains stagiaires.

L’économie sociale au carré : Le Boulot vers… et Portage sont heureux de faire affaire ensemble, car cela permet avec le même dollar d’en faire au moins deux … un jeune en insertion meuble une ressource qui aide des personnes en désintoxication.

Le Boulot vers… et Exeko, un partenariat créatif et humain

Le Boulot vers…et l’organisme Exeko travaillent depuis mai dernier à mettre en place un volet de formation résolument axé sur l’exercice de la citoyenneté, par la créativité sous toutes ses formes.

Créé en 2006, Exeko utilise la créativité pour l’inclusion sociale des personne en situation ou à risque d’exclusion. Exeko cherche à donner le pouvoir à tous les individus de s’exprimer sur les enjeux qui les touchent, que ce soit par le dessin, la lecture ou une simple conversation. En créant cette nouvelle collaboration, Le Boulot vers… est encore davantage à l’écoute de ce que les stagiaires ont à dire sur une foule de sujets, et ce, de façon systématique.

« En 2011, un de nos partenaires s’est rendu compte que dans la rue il y avait un besoin auquel personne ne répondait, le besoin de santé intellectuelle et culturelle. On s’est dit « c’est un créneau pour nous ». On brise un peu l’idée de la pyramide de Maslow, dans le sens où c’est tout aussi important de réfléchir que de manger », lance la chargée de projet du Pôle Ville inclusive chez Exeko, dans une entrevue publiée par Le Devoir dans l’édition du 12 et 13 août dernier.

Le Boulot vers… meuble le Planétarium de Montréal

Connaissez-vous Espace pour la vie, situé aux abords du Stade olympique? Là se trouve une réalisation bien spéciale pour nous, Le Boulot vers…, la boutique du Planétarium de Montréal, complètement meublée en 2017 par le travail des stagiaires.

La fabrication de ces meubles a représenté un beau défi pour Le Boulot vers…, en raison du travail à faire avec des dimensions différentes, des designs variés, et ce, à même des matériaux tels que le bois, le plexiglass et le métal.

Cette collaboration avec le Planétarium de Montréal permet une fois de plus au Boulot vers de mettre à profit sa mission d’insertion sociale et professionnelle, à travers la valorisation de tous les types d’apprentissages. « Lorsque les visiteurs se déplacent au Planétarium, ils souhaitent apprendre. Le même principe s’applique aux jeunes du Boulot vers. En débutant un stage, ils sont conscients que plusieurs apprentissages les attendent, autant du point de vue personnel que professionnel », partage la directrice générale du Boulot vers, Jeanne Doré.

Mobilier urbain : des bacs LBV à jardiner pour des ruelles de l’Arrondissement RPP

La présence du mobilier urbain extérieur fabriqué par les jeunes de LBV se répand dans les différents quartiers montréalais: trois terrasses dans Ahuntsic/Bordeau/Cartierville pour l’Association des gens d’affaires de Gouin Est (AGAGO), des sculptures pour deux parcs de RPP, dix micro-bibliothèques pour l’Arrondissement Plateau-Mont-Royal … Maintenant, c’est au tour de l’Arrondissement Rosemont/La Petite-Patrie (RPP) de profiter de l’expertise de LBV. Au total, 18 bacs à jardiner de différentes dimensions ont été livrés et installés en juin dernier dans les ruelles de RPP.

Depuis 1983, Le Boulot vers… fait le choix de fabriquer du mobilier à utilité sociale; son mobilier urbain extérieur a été intégré à son offre commerciale au cours des dernières années, particulièrement durant la période estivale. Cette nouvelle catégorie de clients s’ajoute aux maisons d’hébergement, Centres de la Petite Enfance (CPE), etc. Depuis sa création, Le Boulot vers…  favorise des projets servant la communauté.

Tant pour ce contrat pour l’Arrondissement RPP que pour tous les autres projets de mobilier à utilité sociale,  les jeunes de LBV créent un mobilier dont peuvent profiter l’ensemble des citoyens. La fabrication de mobilier à utilité sociale devient ainsi un outil pour fournir l’occasion à un jeune de produire pour sa communauté. Ultimement, cela lui permet de créer un sentiment d’appartenance envers la société pour laquelle il apprend via Boulot vers à s’intégrer socialement et professionnellement.