Guy Pépin, 1953-2020

Guy Pépin est décédé le 2 juillet 2020, à l`âge de 67 ans, des suites d’un cancer. Il était le fils de Bernard Pépin, décédé plus tôt ce printemps, le 2 mai. L’équipe du Boulot vers tient à offrir toutes ses sympathies à la famille Pépin, durement touchée par ces deux départs. 

Nous n’oublierons jamais que Guy – comme son père Bernard — a été associé de près à la création du Boulot vers : il en est l’un des trois fondateurs, avec Élyse Benoît et Patrice Rodriguez. Ébéniste de formation, il a été responsable de la production dans les années 1980. Puis il a poursuivi sa carrière comme enseignant à l’École Père-Marquette, où il a incidemment continué à soutenir et à former de nombreux jeunes stagiaires provenant du Boulot vers. 

Le départ de Guy laisse dans le deuil les membres de sa famille et ses amis nombreux auxquels nous souhaitons exprimer nos plus sincères condoléances. 

Par ailleurs, on nous prie de mentionner que ceux qui veulent saluer une dernière fois Guy Pépin — ainsi que Bernard Pépin son père — pourront le faire le 24 juillet, de 9 h à 9 h, au Salon funéraire Bleu Ciel (rue Ontario), et pourront assister le 25 juillet 2020, à 13 h, à une célébration à l’Église Très Saint-Nom-de-Jésus. 

Les proches de Bernard Pépin qui souhaitent par ailleurs manifester leur reconnaissance peuvent le faire par un don à la Fondation Boulot vers

 

Photo de famille prise il y a plus de 20 ans –
Quatre générations réunies : de gauche à droite, Guy Pépin, Bernard Pépin son père
et grand-père de Hugo qui suit, lui-même père du poupon que tient Bernard.

Cette œuvre, Tsunami ras-de-marée, est un don de Guy Pépin au Boulot vers. Il s’agit d’un tableau signé par Marie Gélinas, une ébéniste ayant travaillé au Boulot vers et ex-collègue de travail de Guy Pépin au DEP en ébénisterie de l’École Père-Marquette.

 

Les trois fondateurs du Boulot vers, Élyse Benoît (en blanc, deuxième à partir de la droite, au premier plan), Guy Pépin (tout juste à droite d’Élyse) et Patrice Rodriguez (au dernier rang, sous le « O » de la banderole), en compagnie de membres du conseil et de stagiaires, lors d’une célébration anniversaire au milieu des années 1980. 

(Source : Le Boulot vers… 20 ans à meubler des vies, p. 113, par Anne-Marie Mottet, Les éditions Boréal, 2003)

Le boulot vers… répond aux inquiétudes des jeunes en rapport avec la COVID-19

Montréal, le 29 mai 2020 — La question nous est souvent posée : pour les jeunes de 16 à 25 ans qui souhaitent donner un nouvel élan à leur vie, Le Boulot vers… continue d’offrir la possibilité de faire un stage rémunéré d’une durée de 6 mois, et ce, dans le contexte particulier de la COVID-19 que nous vivons.

Les stages ont toujours lieu et se font en tenant compte des mesures de prévention et de sécurité en santé publique qu’impose le coronavirus. 

Plus que jamais, les jeunes ont besoin de soutien en cette période où nos écoles, nos institutions et le milieu du travail ont interrompu leurs activités usuelles : plusieurs se retrouvent actuellement sans cadre, sans référence, et Le boulot vers… peut leur apporter soutien et confiance dans cette transition vers une situation plus stable.

Le monde entier fait face à des circonstances difficiles. Et nous avons besoin des forces vives de notre communauté, particulièrement celle de tous les jeunes, pour faire la différence ! 

Pour adapter le travail en atelier d’ébénisterie et dans les bureaux à la réalité actuelle, de nombreuses mesures sont appliquées dans les locaux du Boulot vers : distanciation physique, lavage récurrent des mains, port du masque, nettoyage des bureaux après réunion, etc.

Nous sommes vigilants et souhaitons transmettre cette attention de tous les instants à nos jeunes participants, à notre personnel et à nos partenaires : en contexte de COVID 19, nous appliquons les meilleures pratiques pour protéger la santé des nôtres. 

La sécurité de tout le personnel a toujours été et demeure notre priorité. En tout temps, nous visons à ce que l’expérience des stagiaires du Boulot vers soit positive, formatrice, enrichissante et significative. 

Personne contact
Le Boulot vers…
Contact : Jean-François Lapointe, directeur général adjoint ; tél. : (514) 259-2312

Donner un coup de main au Boulot vers

Salomé Beretta, 24 ans, stagiaire au Boulot vers (2017-2018) et bénévole (2020)

Récemment sortie de son stage à Boulot vers en janvier 2018, Salomé a rapidement trouvé un emploi dans l’entreprise Aktuel, ébénisterie architecturale et fabricant de mobilier et décors. Elle y est encore, mais comme partout à Montréal et dans le monde, l’entreprise a dû suspendre ses activités dans le contexte de la COVID-19, à la mi-mars.

Qu’à cela ne tienne, dès qu’elle l’a pu, elle a souhaité recommencer :

« J’ai communiqué avec Le boulot vers… aussitôt que le travail a repris dans l’atelier. Je commençais à virer folle, ennuyée de tourner en rond chez moi à cause du confinement. Je voulais être utile, aider, contribuer. Je voulais donner un coup de main à la production au Boulot vers.»

« J’ai travaillé avec les stagiaires qui s’initiaient à l’ébénisterie. J’ai sablé, j’ai laqué, j’ai fait des tâches plus complexes. Je voulais reprendre contact et aussi garder la main dans mon domaine. »

Le Boulot vers… la remercie pour son généreux bénévolat.
Elle est fière de là où elle travaille : elle s’entend bien avec l’équipe d’Aktuel, 12 employés, un atelier d’ébénisterie qui œuvre dans les milieux institutionnels (Jardins botaniques, musée), d’affaires et résidentiel.

« C’est une entreprise très humaine, on est bien traité, Il y a de l’avancement pour moi. En deux ans, on a augmenté mon salaire, on m’a payé une formation pour que j’apprenne le programme Autocad, ça a été interrompu à cause de la COVID, mais bon… J’apprends beaucoup de choses. »

Enthousiaste quand elle parle du Boulot vers, elle souhaite livrer un message aux jeunes qui y passent :

« N’abandonnez pas ! Mettez l’effort, vous y arriverez ! Pour ma part, j’ai énormément travaillé sur moi, j’ai beaucoup galéré, mais j’ai finalement le jackpot, un bon emploi, un bel appartement. »

Accueil

Cap sur la mission

Johanne Pratte - Boulot Vers

Johanne Pratte, présidente du conseil d’administration, Le Boulot vers…

Johanne Pratte, la présidente actuelle du conseil du Boulot vers, affirme d’emblée que pour une entreprise d’économie sociale, il est primordial de garder le cap sur la mission d’insertion durable des jeunes dans la société et sur le marché du travail. Cela peut instaurer un difficile équilibre mais génère au fond un véritable « profit » humain.

D’entrée de jeu, Johanne, directrice générale de l’ARIHQ[1] et grande bénévole au Boulot vers, aborde spontanément la question des valeurs : famille et communauté, insertion, sécurité et sens du travail. Sans négliger l’importance de l’action. Agir !

Psycho-éducatrice de formation, Johanne a par la suite fait une maîtrise en administration. « Ce qui m’attirait à la base, professionnellement, c’était de travailler avec les jeunes en difficulté. » Ainsi, elle a œuvré en santé mentale, en déficience intellectuelle et auprès des personnes âgées en perte d’autonomie.

« Mon parcours s’est fait dans le communautaire. Alors que je travaillais avec un organisme d’hébergement, La Traversée, j’ai connu Le Boulot vers… Je m’en allais acheter des meubles, et quand je suis arrivée à l’atelier, on m’a dit : on va d’abord te faire visiter l’usine. J’ai ainsi découvert cet univers, la mission de l’entreprise. À ce moment-là, j’ai réalisé que j’achetais pas mal plus que des meubles.

« Je travaillais avec des gens aux problématiques lourdes. J’avais devant moi un bel exemple d’organisation où la mission visait vraiment à redonner le goût aux jeunes de réussir, de se faire confiance, une formule parfaite. C’était dans l’action : les jeunes étaient fiers d’eux, réalisaient des choses.

« Je pense que la qualité première du Boulot vers, c’est l’accueil. Le Boulot vers… ouvre sa porte et accueille les jeunes comme ils sont, au niveau où ils sont. Et ça, c’est déjà énorme. Ce qu’on dit à ces jeunes-là, c’est : y’a une place pour toi. On leur donne de l’espoir, la motivation pour poursuivre.

« C’est extraordinaire. L’équipe est valeureuse, la direction, les employés anciens et nouveaux, les générations se côtoient. Ça fait un milieu chaleureux, comme une famille. »

Quand elle parle de recréer un espace familial, Johanne sait de quoi elle parle : « Personnellement, j’ai été chanceuse dans la vie, je le reconnais, j’ai eu une famille extraordinaire, accueillante : quoiqu’il pouvait arriver, mes parents étaient là. Ça m’a aidé beaucoup, dans ma vie. Tu éprouves une sécurité extraordinaire quand tu sais qu’il y a quelqu’un qui va t’aimer sans condition.

« Au conseil, nous avons un mot d’ordre : cap sur la mission ! Parce que cet organisme n’oublie jamais qu’il est une entreprise qui produit dans un contexte précis, particulier : il produit par les jeunes et pour les jeunes. Là réside sa mission, là aussi réside son défi, à la hauteur des valeurs véhiculées par l’organisme, valeurs de respect, de confiance, de réussite et de responsabilisation. À la hauteur de l’accueil que réserve Le Boulot vers aux jeunes aussi. Je peux comprendre que ces jeunes-là sont comme dans le vide. Ça vaut de l’or que Le Boulot vers… puisse les accueillir ! »

[1] ARIHQ : Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec

 

Le sens du travail

Boulot vers

Mille neuf cent quatre-vingt-trois — 2018 : et voilà qu’elle s’est bouclée, cette 35e année du Boulot vers ! Ce fut tout un événement, toute une célébration : 35 années engagées socialement dans Hochelaga-Maisonneuve, à faire un travail essentiel auprès des jeunes en quête d’une insertion socioprofessionnelle durable.

Vous imaginez bien que cette célébration n’a pu se faire sans rappeler les stagiaires eux-mêmes, qui ont animé l’entreprise, soutenu la production de l’atelier, produit des meubles et accessoires conçus sur la table à dessin de nos formateurs, et ce, tout au long de ces 35 années. Plus de 3 500 stagiaires certifiés Boulot vers !

En janvier 2018 donc, nous avons lancé un appel vibrant à nos « ex », accueillis tout au long de nos 35 ans d’économie sociale. Des plus ancien[ne]s aux plus récent[e]s participant[e]s, ils nous ont répondu « présent[e] » !

Nous en avons rencontré 35, en entrevue individuelle, et ils nous ont généreusement raconté leur histoire, leurs expériences, leurs difficultés, leurs victoires. Nous avons pris la mesure de leurs réalisations et de leurs accomplissements.

Nous l’avons souvent dit, écrit, raconté, dessiné, rappé : Le Boulot vers… allie deux cultures qu’on dit opposées, le milieu des affaires et le monde communautaire. Chez nous, contre toute attente, ces deux cultures se rejoignent et se complètent : le milieu des affaires amène sa structure économique, et le monde communautaire rappelle la mission sociale d’appui aux jeunes en difficulté d’intégration sociale.

Non seulement ensemble, les deux cultures maintiennent le cap, mais encore réunies, elles livrent une leçon de vie : elles révèlent le sens du travail.

À faire le lien entre les meubles qu’on construit en atelier et les gens qui vont les utiliser, on saisit mieux la réalité des centres d’hébergement, des garderies, des maisons d’accueil. On comprend le souci de la qualité d’un meuble qui va durer plusieurs années. On réalise qu’on participe au bien-être des autres dans la société. C’est tout ça, le sens du travail.

Un message simple : « Je contribue aux changements dans la société ! »

Ce livre parle de nos ex-stagiaires. Ce sont leurs mots, leurs émotions, leurs silences que nous vous livrons ici, avec fierté et humilité. Leur expérience est personnelle et unique. Elle a souvent conduit à une fierté palpable, à un sentiment d’accomplissement après un passage cahotique, et à beaucoup de gratitude.

Aujourd’hui, leur message est simple : « Je suis responsable. Je fais ma part. Je contribue aux changements dans la société. »

En cette 36e année du Boulot vers qui commence, c’est à notre tour d’exprimer notre gratitude à nos valeureux stagiaires et à tous ceux et celles, administrateurs, directeurs, employés, intervenants, bailleurs de fonds, commanditaires et donateurs, philanthropes et bénévoles qui constituent la communauté du Boulot vers.

À tous, du fond du cœur, nous disons merci ! Et nous vous souhaitons une bonne et heureuse année 2019 !

 

Johanne Pratte, présidente                           Jeanne Doré, directrice générale

Valoriser le stagiaire dans sa pratique

Robert Mannighan - Boulots vers

Robert Manningham, directeur général, Atelier Habitation Montréal

Robert Manningham, le directeur général d’Atelier habitation Montréal, rappelle que Boulot vers travaille depuis trois décennies avec son organisme. Au départ, cela a été sur un projet de logements sociaux initié en 1984, un an après la création de l’entreprise d’insertion : en effet, cette première maison de chambres créée au Québec a été meublée par Boulot vers.

Robert Manningham rappelle qu’il réfère au Boulot vers lors de soumissions ouvertes. En fin de compte, les promoteurs ainsi rencontrés choisissent selon les critères qu’ils jugent importants, dont les prix : « Dans ce cas, cela fluctue selon les matériaux, les besoins et attentes des clients, la nature des projets, etc. »

Est-ce que la dimension « insertion sociale » a une valeur dans le processus de sollicitation des contrats ? « Boulot vers a une valeur ajoutée dans la communauté, et cela pourrait l’avantager de mieux la faire valoir, en dehors des meubles, des chaises, des tables que l’organisme construit. »

Robert suggère par exemple de mettre le prénom des stagiaires sous les meubles, comme une façon d’indiquer la grande particularité du produit : « cette chaise a été construite et assemblée par Jonathan, Sylvain et Julie, stagiaires au Boulot vers, en 1984. » Une belle façon de valoriser le jeune dans sa pratique du métier d’ébéniste.

Car Robert prend bien la mesure de l’implication des jeunes dans le travail. Et il leur livre un message direct : « Ce que vous faites est important. Les meubles qui se retrouvent dans les logements sociaux vont rendre confortable une maison pour une ou des personnes qui ont décidé de quitter la rue. Vous soutenez la démarche d’une personne qui change sa vie, qui redevient citoyen, citoyenne avec un toit.

Faire partie du changement

« À leur niveau, poursuit Robert, les jeunes stagiaires font partie de ce changement : Boulot vers n’est pas qu’un simple fournisseur, et les jeunes qui y travaillent font partie du cheminement de la personne qui quitte la rue. Ils rendent sa future maison accueillante, familière, confortable.

« Quand quelqu’un part de la rue, c’est comme s’il redevenait citoyen… Il est réconfortant de penser que quand on participe à ça, on ne fait pas que fabriquer des chaises, on s’inscrit dans quelque chose de plus grand.

Se voir plus que simplement fournisseur, mais encore partie prenante d’un processus de réinsertion de « personnes sans domicile » dans la société.

Robert Manningham relève que dans le marché où évolue Le Boulot vers…, la compétition est maintenant forte avec de grandes chaînes internationales de meubles : « Si certains projets font ce choix d’aller vers ce genre d’achat, il faut voir que cela a des conséquences sur l’économie locale, où œuvre l’entreprise d’insertion. Ce n’est pas le même type d’emplois, et ça ne rapporte pas à la société montréalaise et québécoise.

Comme le fait Le Boulot vers…, du moins.

Des visionnaires, tout au long de l’aventure

Louise Harel - Boulot vers

Louise Harel, politicienne et femme publique engagée dans Hochelaga-Maisonneuve

Louise Harel a été députée d’Hochelaga-Maisonneuve pendant 27 ans. Elle a connu Le Boulot vers… dès les débuts de l’entreprise d’économie sociale, en 1983.

Dans l’entrevue qu’elle nous a accordée, elle raconte : « J’ai une grande admiration pour le trio fondateur, Patrice Rodriguez (avec qui j’ai travaillé alors que j’étais ministre du Travail), Élyse Benoît ainsi que Guy Pépin, des visionnaires. Véritables pionniers, ils ont lancé le volet des entreprises à vocation de formation et d’intégration des jeunes à l’emploi. Ce fut la première initiative du genre au Québec, qui a fait des petits. »

« De mon côté, continue Louise Harel, j’appuyais ces projets d’une façon inconditionnelle. Et au delà de cela, le grand privilège que j’ai eu, par la suite, a été de bénéficier de cette source d’inspiration, au moment où, en tant que ministre de l’Emploi, nous avons créé Emploi Québec, en 1997. »

« Cela dit, Le Boulot vers… a été un laboratoire inspirant, et même s’il n’avait pas nécessairement beaucoup d’appui au départ, il faisait une démonstration convaincante que l’entreprise d’insertion générait beaucoup plus de résultats que les programmes d’emplois du gouvernement de l’époque. »

A tous égards, Boulot vers a été un laboratoire qui aura inspiré énormément par la suite. Soutenu par un décret spécifique au Conseil du Trésor, pendant les dix premières années de son existence, l’entreprise d’insertion a par ailleurs, à son démarrage, compté sur la présence du milieu des affaires.

« Boulot vers a vite associé le milieu des affaires, par son président de conseil, Jean-Pierre Chartrand, un autre visionnaire. Avant, il y avait dichotomie entre les deux milieux communautaire et d’affaires, et Boulot vers a ouvert les portes. On a traversé tous les interdits et on a carrément implanté un modèle novateur à tous les égards.

« En fait, c’est là que les gens du milieu d’affaires ont compris que leur appui était nécessaire, dans une société ou tout le monde ne part pas forcément du même pied.

Les jeunes devenus touchants adultes, témoignent

Louise Harel a côtoyé les jeunes qui ont fréquenté Boulot vers. « J’habite le quartier, chaque jour, je les rencontre. Et je suis allée je ne sais plus combien de fois au Boulot vers. » Que dire d’eux, de leur démarche, de leur implication ? « Il faut entendre les témoignages qu’ils font lors des concerts bénéfices annuels, ces anciens stagiaires qui ont parfois maintenant 50 ans, qui ont fait leur vie. Touchants témoignages : les larmes montent aux yeux, à chaque fois ! »

Aux jeunes, Louise Harel, quel message livrer ? « Faites-vous confiance, faites confiance à l’équipe. Venez chercher la confiance qui vous manque, ça pourra vous être utile le reste de votre vie…»

« Boulot vers a eu l’immense privilège de toujours pouvoir compter sur des gestionnaires visionnaires, tout du long de son aventure, depuis le début jusqu’à aujourd’hui. Jeanne, l’actuelle directrice, est l’une de ces entrepreneures sociales qui ont choisi d’investir leur esprit d’entreprise dans le secteur communautaire. Je la salue, elle et son équipe ! ».

Témoins de la diversité humaine

Lise Belisle - Boulot vers

Lise Bélisle, directrice générale, Centre de la petite enfance populaire Saint-Michel CPE

Lise Bélisle est à la tête d’un organisme où elle travaille depuis près de 30 ans. Le Centre de la petite enfance populaire Saint-Michel CPE compte 220 places réparties sur trois installations. C’est l’un des plus gros au Québec et parmi les plus anciens, créé en 1973. On parle d’un budget annuel global de 3,5 M$.

C’est Le Boulot vers… qui a construit le mobilier de la troisième et plus récente installation ouverte en 2017, qui reçoit 80 enfants, animés par une équipe de 15 éducatrices. Pour l’entreprise d’insertion, il s’agit là d’un client important.

« Nos aménagements doivent répondre à des normes de sécurité très élevées, puisque nous travaillons avec des enfants de zéro à 5 ans, une clientèle très vulnérable. Nous avons des inspections régulières, exigeantes », explique Lise.

Faire affaire avec Boulot vers, qu’est-ce que ça représente pour le CPE Saint-Michel ? « D’abord, avant d’aller du côté privé, nous cherchons à encourager le plus possible les entreprises qui ont un impact social. À qualité professionnelle égale, nous nous préoccupons de contribuer à la formation des stagiaires du Boulot vers, qui cherchent à mettre en action leur apprentissage du métier. C’est une question de conscience sociale. Personnellement, je trouve que nos deux entreprises vont bien ensemble.

« J’ai pu voir travailler les stagiaires du Boulot vers. Ils sont fiers de leur production, soucieux de bien faire, minutieux. Il y avait beaucoup d’ajustements de modules à faire. Ils ont travaillé fort à bien répondre à la commande. Leur coordonnateur veillait à la qualité d’ensemble. Ils ont eu à faire preuve de réflexion, d’ingéniosité, prenant les mesures, adaptant, corrigeant. Ils ont super bien fait ça, tenant compte que c’était un gros chantier ! L’architecte et l’entrepreneur avaient été choisis entre autres pour leur ouverture à travailler avec des apprentis-stagiaires, ils ont été très contents.

« Dans le cas du contrat avec Boulot vers, nous avons eu un mobilier très bien fait, un service après vente plus attentionné que celui qu’on aurait eu du privé. Boulot vers a respecté la livraison de son travail dans les délais prescrits. Ce qui n’est pas le cas dans de nombreux projets avec le privé. J’ai une grande satisfaction quant à la qualité globale, comparable à tout ce qui se fait dans le privé ».

Cela dit, « nous sommes très impliqués dans le quartier et nous savons que les jeunes enfants qui passent chez nous vont avoir toutes sortes de parcours, pas habituels, pas nécessairement secondaire, cégep, université… plus longs à se révéler, artistiques, etc. La diversité des expériences est importante. Comme société, nous avons besoin de tout ce beau monde-là !

« Dans les entreprises d’économie sociale, il y a tout un aspect humain à la base: les jeunes qui suivent une formation dans une telle entreprise ne travaillent pas de la même façon, et ils ont une place à part dans une société comme la nôtre. Ils sont très humains, ils ont l’intelligence du cœur. Chez nous, ils sont fiers de ce qu’ils font, attentifs aux enfants. Ils réalisent la valeur de ce qu’ils font comme travail.

« Les jeunes qui se retrouvent au Boulot vers, en insertion en emploi, apprennent à travailler avec leur cœur. Ils témoignent de la grande diversité humaine. Ce genre d’entreprises me parle. Longue vie au Boulot vers ! »

Réaliser la réalité du travail

Serge Blais- Boulot vers

Serge Blais, directeur général, Centre de la Petite Enfance [CPE] Rosemonde,

Serge Blais travaille avec les enfants depuis 1982. Il est devenu directeur du CPE Rosemonde en 1993, et c’est à titre de chargé de projets que, plus tard, il est intervenu dans des dossiers d’aménagement et de construction, en 1993 et en 2012, mandaté pour trouver des fournisseurs et négocier avec eux.

« À l’époque, en 1993, quand il y avait des installations à faire, il nous fallait des gens qui soient capables de répondre à nos attentes et construire selon nos spécifications particulières. C’était nouveau. Nous avions besoin de fournisseurs créatifs et ouverts, qui acceptent de faire des meubles « hors normes » pour les besoins de notre clientèle », ces petites personnes que sont les enfants.

C’est là que s’est fait le maillage avec Le Boulot vers… « Quand on tombe sur une entreprise d’économie sociale qui fait des meubles, c’est un peu dans nos cordes à nous ! C’est une entreprise qui nous ressemble, au sens des valeurs. »

Une fidélité, un suivi, une confiance basée sur le respect et une mission similaire ? Serge s’explique : « On peut faire un parallèle : nous, nous préparons les enfants pour qu’ils soient prêts à apprendre à l’école. Boulot vers reprend les enfants qu’on a échappés, qui ont eu des difficultés à l’école pour toutes sortes de raisons ! Au fond, nous partageons le même objectif : intégrer les personnes dans la société en respectant leurs capacités et leurs besoins. »

Pour mieux se faire une idée, Serge s’est déjà rendu à l’usine : « Quand j’ai visité l’atelier, j’ai vu les jeunes, l’atmosphère de travail, comment ça fonctionnait. Je voyais qu’il y avait chez les formateurs de l’atelier un souci de bien montrer, un respect des jeunes en stage. Je le vois ça aussi quand ils viennent au CPE faire les installations. Ils sont préparés au service à la clientèle. Ils sont encadrés d’une façon attentive : le superviseur ne fait pas le travail à leur place, mais il les soutient et les aide au besoin. Les jeunes sont respectueux, ils apprennent à se comporter face au client. Je l’observe et je l’apprécie. »

Autrement dit, chez un client comme le CPE, on fait en sorte que les stagiaires prennent la mesure de la réalité du marché du travail.

C’est ainsi que l’aventure se poursuit : « Au CPE, à partir du moment où nous avons commencé, nous n’avons jamais cessé. Comme Boulot vers remplit sa mission, tant auprès de nous qu’auprès de ses stagiaires, je renouvelle. » La note qu’accorde le client à l’entreprise d’insertion et à ses stagiaires ? « Très satisfait ! » La confiance règne. « Je ne pourrais pas accepter que les enfants de notre centre évoluent dans une installation de qualité médiocre. Ne serait-ce que pour une question de sécurité ».

C’est un apprentissage d’une grande richesse. Qui donne toute une valeur au stage à Boulot vers, fait remarquer Serge : « Pour un jeune, une ouverture comme celle-là, quand elle se présente dans sa vie, on ne peut pas la rater. Même si ce n’est pas ce qu’on envisage faire, on va profiter de cette chance ! Ça ouvre d’autres portes, en fait. On peut y apprendre plein d’affaires : le travail en équipe, les relations avec les formateurs, le contact avec le client, etc. C’est une expérience absolument enrichissante ! »