Le véritable défi, M. le Ministre…

Jeanne Doré, directrice du Boulot vers...

Je reste étonnée des déclarations récentes du ministre François Blais[1] concernant le manque de demandeurs pouvant s’adresser aux organismes d’aide à l’emploi, et justifiant ainsi l’implantation de son programme Objectif emploi, pour forcer en quelque sorte les demandeurs d’emploi à se tourner vers les organismes en employabilité, tels les CJE, au risque de voir leur prestation diminuée s’ils ne le font pas.

Le taux de chômage est bas, dit-il. Mais tous les sans-emploi sont-ils inscrits au chômage ? Loin de là : certains ne peuvent pas travailler suffisamment pour bénéficier de l’assurance-emploi ! Comme si les chômeurs et les sans-emploi faisaient tout pour ne pas utiliser les ressources mises à leur disponibilité et ainsi rester dans leur situation précaire ! Comme s’ils en redemandaient !

Au Québec, la condition des jeunes ni au travail ni aux études[2] qui composent la clientèle du Boulot vers… n’est pas évidente, eux qui sont très souvent entre deux chaises, n’ayant pas suffisamment travaillé de par leur manque d’expériences et n’ayant donc pas accès à l’assurance emploi, en même temps trop jeunes pour bénéficier de l’aide sociale. Pas évidente, leur situation : les classe-t-on dans la catégorie des « non-demandeurs » ?

Notre ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Monsieur Blais, témoigne-t-il ici d’un manque complet de vision et surtout d’absence de conscience sociale ? Est-ce étonnant de la part de l’élu d’un gouvernement qui s’est lancé dans des coupures sévères il y a quelques années sous prétexte de renflouer l’économie, fragilisant les conditions de vie de toute une tranche de la population, appauvrie, instable, davantage précarisée ?

Le véritable défi, Monsieur le Ministre, c’est de mettre toutes les personnes en recherche d’emplois en connexion avec les ressources pouvant les aider ! De favoriser le travail de fond pour soutenir les citoyens à sortir de la marge, de l’itinérance, de la pauvreté, à retourner à l’école, à réintégrer le marché du travail.

[1] Les organismes d’aide à l’emploi en manque de clients ?, Le Devoir, 19 mai 2017

[2] [appelés en anglais NEET, Neither in Employment, Education or Training]

 

Parlons de l’itinérance « Dans la rue »…

Jeanne Doré, directrice du Boulot vers...

L’itinérance, particulièrement celle des jeunes, revient dans l’actualité fréquemment. Le quotidien de ces jeunes est parcouru entre autres d’échecs et d’isolement. A Montréal, plusieurs ressources existent ; DANS LA RUE est une source d’inspiration pour Le Boulot vers…. Je vous invite à lire l’article De la rue à l’université.

Depuis 1994, date de mon arrivée au Boulot vers, plus de 2 000 jeunes ont été accueillis en stage; un nombre grandissant de ceux des dernières années ont passé par la rue. Depuis deux ans, je constate que ce groupe de jeunes devient plus important.

C’est l’élément déclencheur de la demande déposée à Développement social Canada en février dernier. Notre projet a reçu l’aval du Ministre Duclos, en compagnie de onze autres projets d’innovation sociale au Canada, présentés dans le cadre du programme Stratégie de partenariats de lutte à l’itinérance (SPLI).

Ce projet mis en branle il y a un mois vise à explorer de nouvelles façons de ramener des jeunes en grand risque de marginalisation vers une insertion sociale.

Je vous en reparlerai.

Bonne semaine !

Le concert bénéfice du Boulot vers… 2017 : avez-vous vos billets ?

Lors de sa visite au Boulot vers il y a une dizaine de jours (notre photo), Patrice Michaud a promis un concert énergique et touchant, à sa manière ! De quoi susciter l’enthousiasme chez tous les stagiaires, employés et administrateurs présents. Le concert bénéfice de Patrice, un grand événement pour une grande cause ! On peut se procurer les billets en communiquant avec Jesula, au (514) 259-2312.

Don de la Fondation Francœur pour une nouvelle scie à panneau

L’Équipe du Boulot vers… est contente, ces jours-ci: elle vient de recevoir une toute nouvelle scie à panneau, de marque allemande Altendorf, la meilleure dans son créneau. Selon Alain Faille, responsable de production, « la machine est robuste, facile d’utilisation avec son tableau de contrôle numérique, précise dans ses manœuvres et sécuritaire : elle est 100 % conforme aux normes exigées par la CSST. » Merci à la Fondation Francœur pour avoir permis son acquisition, en faisant un don de 30 000 $.