Au-delà de la francisation

Jeanne Doré, directrice du Boulot vers...

Tout le monde s’entend sur l’importance d’accueillir des immigrants, au Québec comme au Canada. Tout le monde s’entend aussi sur la nécessité de faciliter leur intégration. Et beaucoup regrettent la disparition des COFI, ces centres d’orientation et de formation des immigrants qui non seulement avaient comme mandat leur francisation mais qui les accompagnaient également dans leur apprentissage de la vie au Québec.

Un accompagnement essentiel comme le constatent tous ceux qui ont l’occasion de côtoyer des nouveaux arrivants. Au Boulot vers…, au fil des ans, des centaines de jeunes nouvellement arrivés à Montréal sont devenus stagiaires.

Bien sûr, on les a vus mal vêtus pour l’hiver et étonnés de voir la neige et de sentir le froid. Mais surtout, on a pu constater l’écart énorme entre la situation vécue dans leur pays d’origine et celle d’ici.

Je me souviens d’un jeune originaire de la République démocratique du Congo. Un diplômé universitaire qui était incapable de poursuivre ses études au cégep. Pourquoi? Il n’avait jamais touché à un ordinateur. En plus son diplôme avait été, disons-le comme cela, acheté sur le marché!!! Un stage dans les bureaux et la présence d’une enseignante de la commission scolaire lui ont été bénéfiques.

Plusieurs visages et noms de jeunes filles me reviennent aussi en mémoire. Des femmes originaires de pays dont les traditions les obligent à se soumettre aux ordres de leur père, frère, mari. Tout un défi de les soutenir dans leur autonomie.

Et tous ces jeunes pour qui arriver à l’heure à un rendez-vous n’a jamais fait partie de leur culture. Un obstacle à surmonter dès le processus de recrutement.

Pour qu’ils soient bien intégrés à la société québécoise, il leur faut bien plus que des cours de français ou un premier emploi. Il faut les soutenir dans leur intégration culturelle. Une tâche à laquelle nous devons tous nous atteler : gouvernements, employeurs et citoyens.

À la semaine prochaine

Jeanne Doré