Arrivée massive de réfugiés à Montréal : Ouvrons nos bras, et ouvrons nos cœurs!

Les citoyens de Hochelaga-Maisonneuve se réveillent auprès de nouveaux voisins depuis bientôt une semaine. Le 2 août dernier, le Stade olympique s’est transformé en site d’hébergement temporaire pour accueillir une vague de réfugiés sans précédent en provenance des États-Unis. De mercredi à vendredi, la capacité du Stade olympique est passée de 300 à 600 lits, puis à 1050 places. Un nombre important de ressortissants haïtiens  franchissent les portes du Stade, par crainte de voir l’administration Trump révoquer leur « statut de protection temporaire » («TPS»), statut accordé sous le Gouvernement Obama à la suite du tremblement de terre survenu en 2010.

La « sensation de déjà vu », cela vous dit quelque chose ? Depuis quelques jours, cette sensation m’habite. Me revient en mémoire l’histoire de plusieurs jeunes que nous avons accueillis au Boulot vers, victimes de ce tremblement de terre. Me revient à l’esprit la résilience incroyable que j’ai ressentie en eux à force de les côtoyer; le succès d’intégration obtenu à la suite de leur stage est éloquent alors que certains ont perdu famille, amis, parents, maison, et j’en passe.

Une histoire me touche encore aujourd’hui, alors que je vous écris ces lignes, celle de Marie-Carmine. À la veille d’accoucher, elle visitait ses collègues de la Gendarmerie; quelques minutes après son départ,  la bâtisse était complètement détruite par le tremblement de terre. Tous ses collègues disparus. Marie-Carmine est venue vivre au Québec quelques mois plus tard, avec mari et enfants et tous les souvenirs de cette catastrophe qui a tué 300 000 personnes, fait autant de blessés et laissé plus de 1,2 million de sans-abri. Après son stage, Marie-Carmine a repris l’école et est maintenant secrétaire. Elle remercie régulièrement Le Boulot vers… pour sa nouvelle vie.

Je pourrais également vous raconter l’histoire d’une stagiaire venue d’un autre continent et d’une autre décennie, la jeune Rwandaise Alice. Elle demandait une place (un refuge) au Boulot vers, alors que le Canada retournait encore dans leur pays les Rwandais sans statut, au moment où survenait un génocide qui a tué près d’un million de personnes. Alice a été acceptée au Boulot vers; nommée cheffe d’équipe, elle est devenue un modèle pour tous les stagiaires et une source d’inspiration pour l’ensemble du personnel. Des années plus tard, sa nouvelle vie l’a amenée à se marier, à avoir des enfants et à réaliser un rêve, avoir une garderie et plein d’enfants autour d’elle.

Les expériences positives d’insertion que Le Boulots vers… a vécues à travers l’accompagnement de jeunes « réfugiés » demeurent une preuve véritable que ces jeunes sont actifs dans la réorganisation de leur vie et que leur intégration en sol québécois leur permet d’exercer pleinement leur rôle de citoyen.

Au-delà des conventions et des chartes signées par le Canada, la responsabilité d’aider est certainement le reflet de nos capacités de cœur et d’esprit. En vérité, nous n’avons aucune excuse pour dire « non » à ces êtres humains qui ne cherchent qu’à refaire leur vie! Qu’attendons-nous? Ouvrons nos bras, et surtout…ouvrons nos cœurs! Notre vie n’en sera que meilleure!

À la semaine prochaine!

Jeanne Doré

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