Apprendre dans l’action

Michel Gendron - Boulot vers

Michel Gendron, ancien employé [1987-1993],
ex-membre du conseil [2007-2011] et président [2009-2011]du Boulot vers

Michel Gendron a contribué deux fois de façon majeure à l’œuvre du Boulot vers. Dans la période de 1987 à 1993, il a été intervenant formateur, avec Élise Benoît, directrice de la formation (et aussi une des fondatrices de l’organisme) : « Élise et moi avions étudié ensemble au bacc en psycho-éducation ; quand elle a quitté, j’ai pris la relève de la direction de la formation, de 1988 à 1993. »

« Par la suite, j’ai œuvré dans une corporation de développement économique, puis actionnaire et consultants au Groupe CFC, jusqu’à il y a cinq ans, où j’ai quitté. Je suis maintenant consultant en management à mon compte. J’interviens principalement en accompagnement individuel de leaders. »

Par ailleurs, il reviendra dans l’entreprise d’insertion en tant que membre bénévole du conseil d’administration, de 2007 à 2009, et président, de 2009 à 2011.

Pour avoir œuvré donc dans les premières années du Boulot vers, que retient-il ? « On n’avait pas idée qu’on partait quelque chose qui allait durer 35 ans ! Toutefois, on avait la conviction qu’on préconisait un type contributif et audacieux d’intervention, très collé à la réalité du travail. On appelait ça « l’apprentissage dans l’action ». »

Lors de ses deux passages au Boulot vers, « s’il y a une constance que j’ai vécue, comme directeur de formation puis comme membre du conseil, c’est définitivement les enjeux de stabilité financière de ce modèle d’affaires qu’est l’entreprise d’insertion : on tente d’y faire coexister une réalité de PME avec des jeunes en difficultés de fonctionnement dans le cadre régulier du marché du travail.

« Une des interventions importantes de ma première participation a été de restructurer complètement le programme d’intervention en fonction d’une logique de six mois, ce qui permettait d’instaurer une courbe d’apprentissage pour le jeune ». Cela facilitait également le dialogue avec les bailleurs de fonds [au provincial et au fédéral].

Que retient-il de son passage au Boulot vers, notamment en tant que bénévole au CA ? « Le sentiment d’avoir accompli quelque chose de plus grand. Et la satisfaction d’avoir contribué à créer une entreprise innovante. Je le faisais par conviction personnelle et citoyenne, avec le souci de redonner à la société. »

Ce modèle inventé d’entreprise d’insertion l’inspire-t-il dans sa pratique de consultant senior, aujourd’hui ? « Oui. J’ai développé une conviction : je crois en la force de l’apprentissage dans l’action. J’utilise encore ce concept aujourd’hui dans mes interventions. Je dis souvent : dans votre entreprise, ne vous imaginez pas que vous allez trouver des gens peu développés qui vont arriver chez vous et qui vont déjà maîtriser la culture organisationnelle dans laquelle ils doivent s’insérer. Donnez-leur la possibilité de se développer à même l’organisation. Vous serez beaucoup plus gagnants que de chercher des gens déjà tout formés. Ce type d’intervention, je le résume par l’apprentissage dans l’action. Je m’en sers encore aujourd’hui. Ça fait partie de mes valeurs. »

Aux jeunes d’aujourd’hui, quoi dire ? « Tout le monde a la légitimité d’être dans la société. C’est encore plus vrai aujourd’hui : beaucoup de jeunes de différents milieux et de différents niveaux de scolarité ne correspondent pas nécessairement à la définition du marché du travail, lequel est en profond changement.

« Je reconnais que certains jeunes se sentent exclus, qu’ils ont de la difficulté à entrer quelque part. Cela étant, je leur dirais : trouve ta contribution, trouve ton rêve et donne-toi les moyens pour y arriver. À la base, je suis convaincu que tous les jeunes, même ceux qui sont en difficulté majeure, ont en eux un projet, celui de contribuer. Il faut alors leur permettre de s’exprimer en lien avec ce projet-là ! »