Apprécier revenir (enfin) au sol

xavier lamoureux, stagiaire au Boulot vers

Xavier Lamoureux, stagiaire au Boulot vers (2002)

Lors de notre entretien, à la question « que dirais-tu à un jeune qui s’apprête à frapper à la porte du Boulot vers ? », Xavier a été ému. Il a ressenti l’hésitation, la peur de l’inconnu de ce moment précis où, lui-même, a fait le pas et est entré, il y a 16 ans. Il s’est rappelé l’incertitude et le risque, et quelque part le courage et la confiance qui se sont manifestés en lui, au même moment…

En effet, quand Xavier arrive au Boulot vers en 2002, il a déjà une formation en arts du cirque qu’il a faite sur 5 ans, l’équivalent d’un DEP. Mais il peine depuis plusieurs mois à se lancer comme entrepreneur dans le domaine du spectacle et du cirque.

Il a bien tenté la participation à des événements dans le domaine corporatif, mais ce « métier » est pour lui une voie trop incertaine, aux conditions difficiles : « Mon passage au Boulot vers a été le début d’une réorientation vers de nouveaux horizons. Je me souviens très bien : quand les premières paies sont entrées dans mon compte de façon hebdomadaire, j’ai commencé à souffler et à voir le bout du tunnel. »

Il le reconnaît, travailler à la pige n’est pas facile, c’est insécurisant, « les paies ne rentrent pas quand les contrats ne se vendent pas ».

Son stage a duré six mois. Il a débuté dans l’usine et, au troisième mois, a essayé le côté administratif. Il y passe quatre mois et se fait remarquer pour la qualité de son travail : « Ça m’a encouragé à faire autre chose, à explorer d’autres avenues : je découvrais des alternatives au cirque ». Il confie : « J’ai commencé à respirer ».

Il a goûté à la stabilité financière. Et il a perçu des ouvertures à faire autre chose que du cirque dans des conditions de pigiste. Fin d’un rêve donc, et en même temps, ouverture à tout le potentiel en lui : « Chaque étape qui se termine est le début de quelque chose d’autre. Une nouvelle aventure peut alors commencer. J’ai réalisé que j’avais d’autres aptitudes que je pouvais travailler à nourrir et à faire grandir ».

À l’écoute de lui-même, Xavier affirme : « Mon passage au Boulot vers a constitué comme une école de réaffirmation de soi ».

Organisé, studieux, il a acquis de nouveaux outils : « J’ai commencé à toucher à la paperasse, faire de la bureautique, répondre au téléphone et gérer les appels. Ça m’a servi peu de temps après : grâce à mes aptitudes, j’ai fait le service à la clientèle à La Cordée. Tout cela découle de la découverte que j’ai faite de moi-même ». Cela l’a rassuré. « Passer d’une carrière à l’autre, c’est comme se retourner sur un dix cents. J’ai été capable de me dire : t’inquiète pas, tu as d’autres aptitudes que le cirque. Fais-toi confiance. Vas-y, t’es capable ! »

« Je travaille maintenant au département des finances chez Lauzon Plancher Bois Franc. » C’est une belle image, « les planchers », pour un homme qui, jeune, a été l’acrobate de cirque qui virevoltait dans les airs et dont le parcours de vie l’a amené à apprécier revenir au sol.