La gentrification dans HM : accueillir, réfléchir et agir

Jeanne Doré, directrice du Boulot vers...

Depuis 35 ans que Le Boulot vers… œuvre dans Hochelaga-Maisonneuve, et personnellement depuis plus de 25 ans que j’y travaille, l’entreprise et tous ceux et celles qui y ont évolué, administrateurs, employés et stagiaires, nous avons un profond enracinement dans ce quartier.

C’est pourquoi nous nous sentons concernés, et moi au premier chef, quand on invite à discuter sur des thèmes comme la gentrification de l’arrondissement. Le dimanche 7 mai, 150 personnes, citoyens du quartier, animateurs et intervenants, commerçants et gens d’affaires, se sont rencontrés pour échanger.

Enjeu examiné sous tous les angles dans HM, des chercheurs de l’INRS ont documenté les ateliers et groupes de discussions par des recherches fort pertinentes.

J’ai trouvé la rencontre éclairante. Rassurée par tous les points de vue, bien représentés. Chaque groupe étant invité à faire valoir ses préoccupations et ses priorités. Car HM est un quartier qui se concerte, dans son développement : on y pratique le vivre ensemble, le respect des différences et l’inclusion. La Table de quartier joue un rôle essentiel dans la cohésion du dialogue qu’on observe en ce moment, de concert avec le maire de l’arrondissement Réal Ménard.

HM change. On ne peut pas y échapper ! Le mouvement n’est pas nouveau, il a été initié il y a plusieurs années. Et il n’est pas non plus local. La gentrification se manifeste dans tous les quartiers centraux et l’accès au logement demeure un souci qui interpelle tous les niveaux responsables, individuels et collectifs.

La gentrification, ce n’est pas négatif, à moins que cela se fasse au détriment d’une communauté. À cet égard, nous devons exercer une vigilance de tous les instants, nous engager dans le changement. Et accueillir le message souventes fois entendus « on finira tous par être évincés » comme « un appel à la réflexion et une invitation à agir[1] ».

 

[1] In : INRS, Vivre dans Hochelaga-Maisonneuve : synthèse des groupes de discussion.
Rapport remis à Réal Ménard, maire de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.
Par Gilles Sénécal et Pierre J. Hamel