L’engagement de la jeunesse, un outil pour briser l’isolement social

Depuis 1999, le 12 août est la journée choisie par les Nations Unies pour célébrer la jeunesse. La Journée internationale de la jeunesse se veut ainsi une occasion de réfléchir, d’agir pour la jeunesse. Depuis 1983, Le Boulot vers… se veut une réponse locale, concrète et adaptée aux besoins des jeunes de 16-25 ans, aux problématiques d’inégalités sociales qui les affectent globalement.

Le développement d’une jeunesse plus active et plus engagée, voilà précisément notre idéal. Parmi les nombreuses barrières d’ordre social qui s’érigent, une des plus importantes demeure l’isolement des jeunes et les conséquences perceptibles sur leur sentiment d’appartenance, voire sur le lien qui les unit à la société.

Il est essentiel que les jeunes soient partie prenante de leur environnement; si le travail rend possible cet engagement, l’action bénévole le fait tout autant. À cet effet, de récentes études démontrent que les jeunes ne sont pas moins engagés que les générations précédentes, mais engagés différemment.

De telles observations me rassurent, car l’engagement bénévole représente à mes yeux un outil de choix pour permettre à un jeune de construire son identité, sa conscience citoyenne, à travers le développement de son sentiment d’appartenance et donc, du lien qui l’unit à son environnement. Cela se fait par exemple à l’échelle locale, comme le permet La Récolterie, une initiative du Carrefour Jeunesse Emploi de Hochelaga Maisonneuve.

Enfin comme le souligne, dans une lettre d’opinion publiée dans La Presse du 12 août dernier, Alexandre Soulières, directeur général du Réseau des Carrefours Jeunesse-Emploi du Québec, « s’engager, c’est accroître sa persévérance scolaire et ses saines habitudes de vie…le bénévolat et le volontariat sont des actions qui permettent de passer de l’accomplissement personnel au projet d’utilité collective et ainsi bâtir une société où chaque jeune a le pouvoir de développer son plein potentiel. »

À la semaine prochaine!

Jeanne Doré

Arrivée massive de réfugiés à Montréal : Ouvrons nos bras, et ouvrons nos cœurs!

Les citoyens de Hochelaga-Maisonneuve se réveillent auprès de nouveaux voisins depuis bientôt une semaine. Le 2 août dernier, le Stade olympique s’est transformé en site d’hébergement temporaire pour accueillir une vague de réfugiés sans précédent en provenance des États-Unis. De mercredi à vendredi, la capacité du Stade olympique est passée de 300 à 600 lits, puis à 1050 places. Un nombre important de ressortissants haïtiens  franchissent les portes du Stade, par crainte de voir l’administration Trump révoquer leur « statut de protection temporaire » («TPS»), statut accordé sous le Gouvernement Obama à la suite du tremblement de terre survenu en 2010.

La « sensation de déjà vu », cela vous dit quelque chose ? Depuis quelques jours, cette sensation m’habite. Me revient en mémoire l’histoire de plusieurs jeunes que nous avons accueillis au Boulot vers, victimes de ce tremblement de terre. Me revient à l’esprit la résilience incroyable que j’ai ressentie en eux à force de les côtoyer; le succès d’intégration obtenu à la suite de leur stage est éloquent alors que certains ont perdu famille, amis, parents, maison, et j’en passe.

Une histoire me touche encore aujourd’hui, alors que je vous écris ces lignes, celle de Marie-Carmine. À la veille d’accoucher, elle visitait ses collègues de la Gendarmerie; quelques minutes après son départ,  la bâtisse était complètement détruite par le tremblement de terre. Tous ses collègues disparus. Marie-Carmine est venue vivre au Québec quelques mois plus tard, avec mari et enfants et tous les souvenirs de cette catastrophe qui a tué 300 000 personnes, fait autant de blessés et laissé plus de 1,2 million de sans-abri. Après son stage, Marie-Carmine a repris l’école et est maintenant secrétaire. Elle remercie régulièrement Le Boulot vers… pour sa nouvelle vie.

Je pourrais également vous raconter l’histoire d’une stagiaire venue d’un autre continent et d’une autre décennie, la jeune Rwandaise Alice. Elle demandait une place (un refuge) au Boulot vers, alors que le Canada retournait encore dans leur pays les Rwandais sans statut, au moment où survenait un génocide qui a tué près d’un million de personnes. Alice a été acceptée au Boulot vers; nommée cheffe d’équipe, elle est devenue un modèle pour tous les stagiaires et une source d’inspiration pour l’ensemble du personnel. Des années plus tard, sa nouvelle vie l’a amenée à se marier, à avoir des enfants et à réaliser un rêve, avoir une garderie et plein d’enfants autour d’elle.

Les expériences positives d’insertion que Le Boulots vers… a vécues à travers l’accompagnement de jeunes « réfugiés » demeurent une preuve véritable que ces jeunes sont actifs dans la réorganisation de leur vie et que leur intégration en sol québécois leur permet d’exercer pleinement leur rôle de citoyen.

Au-delà des conventions et des chartes signées par le Canada, la responsabilité d’aider est certainement le reflet de nos capacités de cœur et d’esprit. En vérité, nous n’avons aucune excuse pour dire « non » à ces êtres humains qui ne cherchent qu’à refaire leur vie! Qu’attendons-nous? Ouvrons nos bras, et surtout…ouvrons nos cœurs! Notre vie n’en sera que meilleure!

À la semaine prochaine!

Jeanne Doré

« Objectif Emploi » menace le droit des futurs bénéficiaires de l’aide sociale

Je ne saurais vous le cacher, mes vacances m’ont fait beaucoup de bien. Sachant que toute bonne chose a une fin, j’envisageais avec optimisme mon retour au travail. Regarder vers l’avant, c’est l’esprit qui règne sur le lundi de mon retour. Après la lecture d’une masse de courriels, je me lance dans le rattrapage des dernières actualités. Hélas, la lecture de l’une d’entre elles me plonge dans une réflexion au sujet d’une lutte que je croyais déjà gagnée par la société québécoise: celle de la sécurité sociale !

Le 12 juillet dernier, le Ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale François Blais, ancien professeur de travail social et recteur de l’Université Laval, a publié le Règlement de la Loi 25, afin de préciser les modalités d’application du nouveau Programme Objectif Emploi. Cela faisait suite à l’adoption, en novembre 2016, de la Loi visant à permettre une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi ainsi qu’à favoriser l’intégration en emploi, loi que certains ont qualifiée de « réforme de l’aide sociale ».

Comme le souligne un article paru le 28 juillet dernier dans Le Devoir, Objectif  Emploi prévoit très concrètement des sanctions qui pourraient s’élever à 224 $ sur un chèque mensuel de 628 $ lorsqu’une personne ne « collabore » pas à la démarche de réintégration au marché du travail. Un reflet du désir du gouvernement de limiter ou de dissuader le recours à l’aide sociale, témoignant d’une vision « comptable » du développement, aux dépens d’une vision « sociale inclusive ».

Depuis plus de dix ans, la détérioration importante des conditions de vie des jeunes exclus a été longuement documentée, entre autres dans les divers rapports publiés par Le Boulot vers… : en 2017, plus de 70 % des jeunes n’ont aucun revenu à leur entrée en stage au Boulot vers alors qu’il y a quinze ans, la majorité des stagiaires étaient bénéficiaires de l’aide sociale. Plus leur situation financière est précaire, plus le défi de leur insertion sociale et professionnelle est grand. D’autant inquiétant quand Objectif Emploi met l’emphase sur des pénalités financières au moment où des jeunes exclus ont des besoins de base non répondus et qu’ils sont une cible principale de ce nouveau programme.

À propos d’Objectif Emploi, comme il est souligné dans ce mémoire déposé en février 2016 à l’Assemblée nationale par le Barreau du Québec, «… il existe plusieurs incertitudes relativement au projet de loi à cause de l’important pouvoir réglementaire conféré au ministre, notamment les personnes qui seront visées, les critères d’assujettissement au programme, les montants accordés, la définition d’emploi convenable, les manquements menant à une réduction de l’aide et le montant de cette réduction. Un projet de loi de cette envergure ne peut pas être une coquille vide dont le véritable caractère normatif sera déterminé subséquemment par règlement du gouvernement. »

La sécurité sociale, un engagement en vertu des conventions internationales, ce droit de tout citoyen québécois et canadien, est-il menacé par les changements qui semblent émerger des officines gouvernementales?  Un retour de vacances qui nous oblige tous et toutes à la vigilance!

À la semaine prochaine!

Jeanne Doré

Une reconnaissance et du financement : l’avenir pour le communautaire!

Lorsque je suis arrivée à la direction du Boulot vers en novembre 1995, des changements importants s’annonçaient qui allaient fournir une reconnaissance et, ultimement, du financement pour l’insertion sociale et professionnelle au Québec. La reconnaissance des entreprises d’insertion a eu lieu au printemps 1998. Au même moment, un autre chantier se développait, celui de la reconnaissance de l’action communautaire autonome. Pour Le Boulot vers…, il s’agissait d’un rêve, permettant à tous ses partenaires d’avoir des moyens équivalents pour répondre à des grands besoins sociaux.

En juin dernier, la Ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, a annoncé un financement de 80 millions $ sur cinq ans pour le milieu communautaire. Dans la région de Montréal, ce montant s’élève à près de 2M$ pour la présente année budgétaire. En théorie. En pratique, le 80M$ est le résultat d’un cumul des sommes déjà en place, la véritable augmentation s’élevant à 25M$.

Avant même l’annonce officielle, nombreux sont les organismes communautaires à avoir dénoncé le financement prévu comme étant loin d’être suffisant. Peu après la sortie de la Ministre, le porte-parole de l’opposition officielle en matière de services sociaux et de protection de la jeunesse, Dave Turcotte, a qualifié le budget libéral de « comptabilité créative ayant pour but de faire bien paraître le gouvernement ».

Depuis plus de vingt ans, date d’une promesse de reconnaissance de l’action communautaire autonome, les organismes font preuve d’engagement et de créativité exceptionnels; dans les années à venir, auront-ils l’énergie nécessaire pour poursuivre dans cet élan-là? Répondre à des besoins socioéconomiques grandissants tout en affrontant une diminution des ressources, c’est une réalité brutale à laquelle fait face le communautaire et non une fiction budgétaire!

Le 9 juillet dernier, dans sa lettre d’opinion publiée dans La Presse, le travailleur communautaire Jacques Charland nous rappelle que l’engagement non rémunéré est à la base de la structure de plusieurs organismes. Or, il poursuit en disant que le milieu communautaire ne devrait pas être à la merci de l’action bénévole, comme il l’exprime si bien, « le communautaire est maintenu dans cette situation de pauvreté qu’[il] aspire tant à enrayer ».

Les organismes communautaires pourront-ils voir les fruits de la reconnaissance de leur contribution à la société québécoise promise depuis tant d’années? Que représente la reconnaissance si elle n’est pas accompagnée du financement nécessaire garantissant les ressources dont les organismes ont besoin afin de remplir leur mission? Depuis vingt ans, Le Boulot vers…, qui jouit d’une reconnaissance accompagnée d’un financement, est à même de constater que sans la contribution reconnue et financée adéquatement auprès de tous les acteurs du secteur communautaire, le développement social québécois s’appauvrit.

À la semaine prochaine!

Jeanne Doré

À quoi ressemble un 375e pour tous?

L’été montréalais nous propose un  éventail constant de festivals et d’événements gratuits, accompagnés cette année de la frénésie qui entoure le 375e. Également, cette saison amène des sans-abris plus présents dans les rues de Montréal, le jour comme la nuit.

En mai dernier, lors du lancement de la  stratégie d’inclusion sociale Un 375e pour tous!, la Ville de Montréal a fait l’annonce d’un soutien financier de 230 000 $, amenant à un peu plus d’un million le budget alloué en 2017 pour l’intervention sociale dans la rue, l’inclusion par l’emploi ainsi que la participation, la sensibilisation et la formation. Répartie entre 14 organismes communautaires du milieu de l’itinérance, dont plusieurs sont des partenaires du Boulot vers…, cette somme vise à mettre en place des projets d’inclusion sociale tout au long des festivités.

Que représente ce pas additionnel de l’administration Coderre envers les personnes en situation d’exclusion extrême ? Selon un récent article de Radio-Canada,  la facture du 375e anniversaire de Montréal atteint le milliard de dollars : à elle seule, l’illumination du Pont Jacques-Cartier a coûté 39,5 millions. Dans ce contexte, on ne peut parler d’un investissement proportionnel et surtout que représente ce nouvel engagement face à l’ampleur des problèmes découlant de l’itinérance?

L’administration Coderre promeut le 375e  anniversaire dans le but  de « refaire une  beauté» à la Métropole.  Mais au-delà de l’image, quels sont les impacts de ces investissements sur la vie de tous ses citoyens? Nommé en 2010, le Protecteur des personnes en itinérance Serge Lareault (anciennement directeur de L’Itinéraire) peut certainement nous proposer un plan d’action qui va au-delà de l’image!

À la semaine prochaine!

Jeanne Doré

Et si le logement n’était pas une marchandise …

Jeanne Doré, directrice du Boulot vers...

À quoi a ressemblé votre 1er juillet? Étiez-vous des célébrations du 150e du Canada? Ou avez-vous, comme la tradition québécoise le veut, profité de cette journée pour vous offrir un déménagement, volontaire ou obligé?

Une « crise du logement ». Voilà les termes choisis par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) dans son Dossier noir, publié en septembre 2014. Le FRAPRU dénonce  la disparité flagrante entre l’offre du marché locatif et la capacité de payer d’une large partie des locataires . Les statistiques présentées témoignent d’un déséquilibre quant à l’augmentation des revenus (8,6%) et l’augmentation des prix des loyers (13%) sur l’île de Montréal entre 2006 et 2011.

En réponse à la détérioration des conditions de vie observée chez les jeunes en difficulté dans les dernières années, Le Boulot vers…a dû adapter l’un de ses propres critères d’admissibilité : l’autonomie dans le logement. Nous constatons fréquemment que les jeunes sont de plus en plus nombreux à habiter dans un logement où résident plusieurs personnes, à se trouver dans l’obligation de rester chez un parent plus longtemps ou à « bouger », voire déguerpir, faute de pouvoir s’offrir un loyer stable.

Au début du mois de juin, le FRAPRU a prolongé sa campagne « Le logement, un droit! » pour une année supplémentaire. Amorcée en 2014, l’objectif de cette campagne est de rappeler aux gouvernements que le logement ne doit pas être considéré une marchandise ou une occasion de profits, mais comme un droit. Le FRAPRU réclame 50 000 nouveaux logements sociaux au Québec en 5 ans, et la préservation de ceux déjà existants.

Logement « abordable », réalité de tous : non! En 2011, l’Enquête menée par le FRAPRU révèle que 284 370 ménages locataires montréalais dépensent plus de 30% de leur revenu dans leur loyer, près de la moitié d’entre eux en dépensent plus de 50% et près du quart plus de 80%. Pour eux, un logement abordable est un luxe.

À la semaine prochaine!

Jeanne Doré

L’éducation « pour tous » … OUI! Mais comment arriver à l’éducation PAR tous ?

Jeanne Doré, directrice du Boulot vers...

Une éducation « pour tous », telle semble être la mission derrière la politique sur la réussite éducative, dévoilée le 21 juin dernier par le Premier ministre Philippe Couillard et le Ministre de l’Éducation Sébastien Proulx, souhaitant augmenter la diplomation du niveau secondaire chez les élèves de moins de 20 ans et passer ainsi de 74 % à 85 % d’ici 2030.

Ce n’est pas la première politique qui a comme mission de « s’occuper de l’éducation » au Québec. Au Boulot vers, nous sommes témoins depuis 34 ans que l’éducation n’est pas « pour tous »; nous observons un déclin constant du taux de scolarité, reflétant une détérioration des conditions de vie des jeunes en difficulté. Seulement en 2016, 75% des stagiaires du Boulot vers avaient un niveau de scolarité égal ou inférieur au secondaire III; 15% d’entre eux n’avaient jamais accédé au secondaire, donc un jeune sur six n’avait pas terminé son primaire, un phénomène qui augmente d’année en année.

Si l’investissement en éducation représente 25% du budget annuel du Québec, peut-on dire que l’enjeu est financier? Ou n’est-ce pas un enjeu de vision? L’éducation pour tous, c’est l’affaire de tous ! Parents, enfants, monde de l’enseignement, gouvernement!  Pour faire face à leur responsabilité, les parents doivent se trouver dans des conditions leur permettant d’agir au-delà des besoins primaires de leurs enfants. Des chercheurs américains ont récemment découvert que les enfants pauvres sont plus souvent malades : la pauvreté de la mère durant la grossesse influence son système immunitaire, et plus largement le développement de son bébé.

Bien que je sois en accord avec le résultat souhaité par le Gouvernement Couillard, celui de garantir une éducation « pour tous », je m’interroge sur sa vision. En 1983, Le Boulot vers… constatait que les jeunes décrochaient de l’école sans obtenir leur diplôme d’études secondaires. Combien de temps cela prendra-t-il au gouvernement actuel pour redresser la situation des jeunes du Boulot vers qui sont de plus en plus nombreux à ne pas compléter leur primaire? S’attaquer aux raisons fondamentales qui, en tout premier lieu, peuvent empêcher un parent d’envoyer son enfant à l’école? Responsable du dossier de la jeunesse, le Premier ministre est conscient que Le Boulot vers… demeure un allié de premier rang!

À la semaine prochaine!

Jeanne Doré

L’accès aux soins de santé buccodentaire

Jeanne Doré, directrice du Boulot vers...

Il y a quelques jours, je me suis mise à lecture de l’article publié par The Guardian racontant l’histoire d’un jeune Américain décédé à la suite d’un mal de dent. Cela m’a rappelé l’importance du partenariat existant depuis cinq ans entre Le Boulot vers… et la Faculté de dentisterie de l’Université McGill.

Cet article m’a touchée d’autant que Le Boulot vers vient d’appuyer une fois de plus le chirurgien-dentiste Jean Monat, dans sa tentative d’augmenter son nombre d’heures de travail à tarif fixe auprès du Ministre de la Santé Gaétan Barrette. Le problème d’accès aux soins pour les jeunes en situation de pauvreté est bien réel : en vingt ans, nous sommes passés de 2 à 10 stagiaires référés annuellement vers les services du Dr Monat.

La santé buccodentaire est à la base de la capacité d’un jeune à parler, sourire, goûter, toucher et exprimer ses émotions par les expressions de son visage avec confiance, sans douleur, sans gêne (Fédération dentaire internationale).

Comment se fait-il qu’en 2017 des jeunes n’ont pas accès à des soins de base? En novembre 1989, les politiciens canadiens s’entendaient pour éradiquer la pauvreté chez les enfants avant l’an 2000; vers la fin des années 90, on a mis en place au Canada, le Régime national de prestations pour enfants,  sans pour autant réussir à éliminer la pauvreté.

Lors de son allocution du début juin à Montréal, Barak Obama a repris ses idées de  « justice pour tous » et « d’espoir ». Pour moi, il est évident qu’il nous appartient à tous de continuer à offrir aux jeunes exclus les moyens pour une insertion durable,  pour que l’espoir d’un monde plus équitable, plus juste soit réel!

À la semaine prochaine !

Jeanne Doré

L’insertion, c’est l’affaire de tous

Jeanne Doré, directrice du Boulot vers...

Dans la culture d’entreprise du Boulot vers…, le concert bénéfice est un événement unique. C’est d’abord la célébration ! Les clients, partenaires commerciaux, fournisseurs de services et les donateurs sont conviés. C’est enfin l’occasion d’une soirée mémorable pour les stagiaires, au nombre de 60 présents lors de l’événement 2017 !

Je l’ai fait le soir du concert et je le refais dans ce mot, je vous annonce aujourd’hui une première : c’est la dernière de la tradition du concert bénéfice annuel au Boulot vers… au moins pour les deux prochaines années !

Et je vous laisse en même temps sur un suspens : nous vous parlerons bientôt d’un projet incontournable sur lequel nous travaillons fort depuis plusieurs mois et où nous aurons besoin de votre appui indéfectible ! Et ça commence par : « En cette veille du 35e anniversaire du Boulot vers… »

Un merci tout spécial à Nicole Bureau-Tobin et Jeanne Fortin, respectivement présidente et vice-présidente de la Fondation Boulot vers…, qui manifestent un engagement continuel depuis 2006 et qui ont joué un rôle majeur dans le bon déroulement des événements de financement annuels.

Le défi de nos organisations, c’est non seulement d’entretenir un lien durable avec notre partenaire gouvernemental, mais aussi de faire en sorte que chaque acteur de la société civile qui peut jouer un rôle dans le développement de nos organisations y soit présent, d’un point de vue financier ou autre.

Au fond, l’insertion, c’est l’affaire de tous.

PS : prenez note que je reprendrai l’échange sur le blogue dans deux semaines. D’ici là, faites-moi vos commentaires sur notre page Facebook.

Le véritable défi, M. le Ministre…

Jeanne Doré, directrice du Boulot vers...

Je reste étonnée des déclarations récentes du ministre François Blais[1] concernant le manque de demandeurs pouvant s’adresser aux organismes d’aide à l’emploi, et justifiant ainsi l’implantation de son programme Objectif emploi, pour forcer en quelque sorte les demandeurs d’emploi à se tourner vers les organismes en employabilité, tels les CJE, au risque de voir leur prestation diminuée s’ils ne le font pas.

Le taux de chômage est bas, dit-il. Mais tous les sans-emploi sont-ils inscrits au chômage ? Loin de là : certains ne peuvent pas travailler suffisamment pour bénéficier de l’assurance-emploi ! Comme si les chômeurs et les sans-emploi faisaient tout pour ne pas utiliser les ressources mises à leur disponibilité et ainsi rester dans leur situation précaire ! Comme s’ils en redemandaient !

Au Québec, la condition des jeunes ni au travail ni aux études[2] qui composent la clientèle du Boulot vers… n’est pas évidente, eux qui sont très souvent entre deux chaises, n’ayant pas suffisamment travaillé de par leur manque d’expériences et n’ayant donc pas accès à l’assurance emploi, en même temps trop jeunes pour bénéficier de l’aide sociale. Pas évidente, leur situation : les classe-t-on dans la catégorie des « non-demandeurs » ?

Notre ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Monsieur Blais, témoigne-t-il ici d’un manque complet de vision et surtout d’absence de conscience sociale ? Est-ce étonnant de la part de l’élu d’un gouvernement qui s’est lancé dans des coupures sévères il y a quelques années sous prétexte de renflouer l’économie, fragilisant les conditions de vie de toute une tranche de la population, appauvrie, instable, davantage précarisée ?

Le véritable défi, Monsieur le Ministre, c’est de mettre toutes les personnes en recherche d’emplois en connexion avec les ressources pouvant les aider ! De favoriser le travail de fond pour soutenir les citoyens à sortir de la marge, de l’itinérance, de la pauvreté, à retourner à l’école, à réintégrer le marché du travail.

[1] Les organismes d’aide à l’emploi en manque de clients ?, Le Devoir, 19 mai 2017

[2] [appelés en anglais NEET, Neither in Employment, Education or Training]